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* Titre: Troisième Sexe.
* Personnages: Bill en principal, Gustav et Georg. Tom est là mais...
* Résumé: On ne croirait pas comme ça mais, quand quelqu'un de cher part, il emporte souvant tout avec lui. Bill, pourtant hétérosexuel à 100%, se prend d' un amour fou pour un jeune garçon, Matt, et prétend qu'en lui il retrouve un peu de son jumeau. Mais peu de monde accepte cet amour... Et Matt cache plus d'un secret. Georg n'accepte pas, et puis...
* Warnings: Violence, Yaoi, Viol, Insultes.
Troisième Sexe
Chapitre 1:
Son regard est fixé sur le sol, ses yeux coulent et son c½ur pleur. Il est assit, sur une chaise dans le couloir, la tête baissée, les jambes serrées, les bras croisés. Il voit des pieds aller et venir, se dépêchant ou se traînant, sans pour autant voir qui ils transportaient. Parfois, ils étaient masqués sous de longues blouses blanches. Sa seule contemplation prétend être les carrés du carrelage blanc, souillé d'empruntes boueuses qu'a amené le mauvais temps. Et il attend. Cela fait plusieurs heures qu'il est là, sans manger, sans boire, sans parler et sans bouger. D'ailleurs on ne lui demande rien, on ne lui parle pas, il est juste là, contre le mur, comme une sculpture qui repose depuis longtemps et dont les regards se sont lassés. Ses oreilles bourdonnent, ce lieu de passage est bruyant, les gens s'échangent des informations, appellent de l'aide ou pleurent et crient en apprenant une mauvaise nouvelle. Mais il ne les entend pas, ce n'est pour lui qu'un bruit de fond. Et il attend. La lumière éblouissante pique ses yeux déjà humides. A côté de lui, des patients s'assoient, puis repartent, d'autres prennent la place du précédent. Ils ne séjournent que quelques minutes sur ces chaises, alors que lui est assit là depuis qu'il est arrivé. Il tremble, il a froid. Et il attend. Il attend la suite, qu'on vienne lui dire comment son jumeau s'en sortira. Il espère. Il espère encore que ça n'est pas trop grave. Pourtant, il le sait et c'est inévitable, le dernier souffle approche, il est peut-être déjà rendu. Mais une lueur d'espoir scintille dans ces pupilles, il y croit, il veut le revoir sourire. Il veut pouvoir encore l'aimer et lui dire. Il implore le ciel de ne pas le lui prendre. Il n'a pas le droit d'aller le voir. Il doit attendre, suivant « la suite des évènements », comme le lui a dit le médecin. La porte derrière laquelle tout se joue se dresse devant lui. Il pourrait se lever, il pourrait saisir la poignée, il pourrait l'ouvrir, il pourrait savoir ce qu'il se passe et comment ce drame se finira. Mais il patiente. Il sait qu'il sera accusé, même s'il n'a rien fait, les preuves sont là et parlent d'elles-mêmes, même si elles ne disent que mensonges. Ha ! Triste Sort est là et fait des misères.
Quelqu'un s'assit à côté de lui, une main se pose sur son épaule.
- Alors ? S'exprime cette personne.
Il relève la tête, son cou craque en proie à un violent torticolis, il regarde son voisin mais ne sait pas quoi dire. Le quelqu'un insiste :
- Bill, ils ont prononcé le diagnostique ?
Bill soupire, ses joues mouillées brillent à la lumière.
- Non, répond-il.
Son ami souffle à son tour, inquiet pour l'avenir du frère aimé. Des mots de faible intensité, mais exprimant une peur certaine, sortent de la gorge de Bill :
- J'ai peur Gustav, j'ai peur qu'il s'en aille...
Le dénommé Gustav tape amicalement le dos de Bill. Ce dernier fond en larmes sur son épaule, ravagé par la peur.
- Ne pleure pas comme ça... peut-être qu'il va bien, que ça n'est pas si grave, tente de le rassurer Gustav.
Mais Bill n'entend plus, il n'écoute plus que les lamentations de son c½ur, essayant lui-même de lui dire que ça n'est pas la fin, qu'il est encore bon d'espérer.
Bill se redresse et sèche ces yeux.
- Oui, tu as raison, si ça tombe, il s'en sort bien, parvient-il a dire entre deux sanglots.
Mais le fait que les médecins entrent et ressortent de la salle où se trouve son frère sans rien lui dire l'inquiète quand même. Il parvient néanmoins à se calmer. Il se lève et s'étire les membres, tout engourdis et douloureux à cause de leur longue immobilité. Puis il demande à Gustav:
- Pourquoi Georg n'est-il pas venu avec toi?
- Et bien... il t'a à la bonne maintenant... répond-il en grimaçant.
- QUOI?! Il croit vraiment que c'est moi?!
- Ben, il t'a vu avec le couteau plein de sang dans les mains, et Tom à tes pieds, alors...
Bill se rassoie, totalement perturbé et choqué par ce que pense son ami Georg, qu'il connaît depuis toujours, comme Gustav d'ailleurs. Démuni, il questionne:
- Mais... toi? Toi tu ne crois pas ça, hein?
- Non, je te pense pas capable de faire ce genre de... chose. Je ne sais pas ce qui c'est passé dans la tête de Georg pour qu'il croie que c'est toi.
- Mais c'est pas moi... je ne sais pas comment il s'appelle, je ne connaissais pas son visage, je ne l'avais même jamais vue...
Bill glisse sur sa chaise, jusqu'à presque tomber, et repose sa tête sur le bord supérieur du dossier. Il soupire, il en a mart, déjà mart alors que ça ne commence qu'à peine. Mais sa force est concentrée pour rester éveillé, il ne faut pas dormir, sinon il ratera la moindre information concernant l'état de Tom.
Gustav ne parle plus, il patiente, inquiet aussi, attendant l'heure véridique. Soudain, la porte s'ouvre, mais pas celle derrière laquelle l'âme de Tom est en jeu. La porte d'entrée du couloir claque à la volée et des hommes en uniforme bleu, et un en noir, en découlent. Ils se dirigent vers les deux amis. L'homme en noir s'arrête devant Bill et le relève de force. Bill sait, donc il ne pose pas de question, seulement, il veut savoir pour son frère.
- Allé, on va s'expliquer au poste, hein mon gars?
Il neutralise le maigre corps du jeune homme en lui passant les menottes. Mais le garçon veut absolument rester, pour son jumeau.
- Attendez!
- On attend pas, il m'semble que t'as des trucs à nous raconter! Répond méchamment l'agent.
- J'vous en prie! Je veux savoir pour mon frère je veux savoir comment il va! S'écrit Bill, les yeux coulant.
Le policier prend les longs cheveux du garçon et lui fait baisser la tête, pour qu'il ne soit pas distrait par l'entourage, et commence à l'emmener hors de l'établissement. Mais Bill tiens bon, il commence à se débattre, il ne partira pas d'ici sans rien savoir. Gustav accourt près de lui, mais les agents en bleu l'éloignent et ne prêtent aucune attention à ces injures. Bill crie, Bill pleure.
- Pitié! J'ai rien fais!
- Ravale ta putain de pitié, et vu s'que tu lui a fais, il va crever, t'as assuré ton coup p'tite ordure.
Bill veut tomber, mais l'agent le traîne et l'oblige à avancer en le frappant dans le dos et les cuisses. Ses yeux coulent à flot.
- Gustav! Appelle-t-il.
Mais Gustav ne peut rien faire et doit regarder cette scène injuste. Regarder Bill partir et se faire maltraiter pour une chose dont il n'est aucunement l'auteur. Il est innocent. Toutes ces heures il a attendu sur sa petite chaise pour savoir, avec l'espoir de revoir son jumeau, en vain. Les âmes des deux frères s'éloignent, l'une meurt et l'autre va gravement souffrir. Gustav ne comprend pas pourquoi la vie est si injuste, il ne comprend pas pourquoi ces hommes au service de la nation doivent toujours avoir raison alors qu'ils ont tord. Il regarde son ami se faire tirer vers un fourgon de police, sous ce ciel aux couleurs de crépuscule, le jeune homme frêle tente d'expliquer qu'il n'a pas tué, mais ces paroles meurent dans le vent. Il se débat, il frappe, il hurle, mais rien ne fait lâcher prise aux agents. Et Gustav reste à la porte de l'hôpital, impuissant, les yeux qui pleurent. Il restera là, pour Tom. Le fourgon démarre et s'éloigne, avec en lui la tristesse infinie du frère inquiet.
Gustav essuie ses larmes d'un revers de manche, passe sa main dans ses cheveux blonds et rentre dans l'établissement, car en ce jour glacial de Décembre, mieux vaut se couvrir, mieux vaut se cacher. Il s'assoie sur la chaise où la patience de Bill avait attendu pendant des heures. Et il attend lui aussi. Mais rien ne se passe, la nuit sombre grignote petit à petit le ciel rouge orangé. Bientôt, il fera noir, bientôt, ce noir fera peur aux enfants dans leur lit. Mais Gustav restera là quoi qu'il arrive, même s'il doit y passer la nuit. Il a à présent peur pour ses deux amis.
Son téléphone portable vibre dans sa poche, le jeune blond décroche :
- Allô ?
- Ouais c'est moi, c'est Georg, y'a des nouvelles de Tom ?
- Non, rien... Bill s'est fait arrêté, explique Gustav.
- Normal... soupire Georg.
- Comment ça normal ? Ce n'est pas lui ! S'emporte le blond.
- Attend, je l'ai vu moi, il tenait fermement le couteau dans sa main, ressasse l'autre.
- Je... on sait pas ce qu'il s'est réellement passé, tente Gustav.
- C'est évident... enfin tant pis pour lui, je m'en fou, si Tom est dans cet état, c'est de ça faute, essaye de convaincre Georg.
- Hum...
Après ce murmure, Gustav raccroche, il en a trop entendu. Tout cela est faux. Bill ne peut pas avoir tué son frère. Gustav a toujours eut confiance en Bill, et il est certain qu'un garçon aussi fragile et aussi sensible que lui ne peut pas faire un acte pareil. De plus, il aimait trop son frère pour ça, même si en ce moment ils s'étaient tous les deux un peu fritté. Mais il est vrai que la preuve était tout de même là et Gustav était en droit de douter. Par contre, il trouvait la réaction de Georg abusive, ne plus parler à Bill était pour lui une attitude à laquelle il n'aurait jamais pensé. Pourtant, la sincérité flamboie dans ses yeux quand Bill prétend ne pas avoir poignardé Tom.
La porte s'ouvre, cette fois-ci, c'est la bonne, Gustav retient son souffle, un médecin sort, d'autres le suivent en marche arrière, tirant une civière. Est-ce finit? Le premier s'avance vers lui et lui demande:
- Où est Mr Bill Kaulitz? J'ai une chose importante à lui confesser.
- Il... la police l'a arrêté, je suis là pour prendre des nouvelles de son frère, je suis un ami, explique Gustav.
- Très bien, alors je peux vous le dire à vous.
- Comment va-t-il? S'empresse le jeune homme.
- Je... nous avons fait tout ce que nous avons pu...
C'est bon, Gustav a compris, il ne lui en faut pas plus, et le médecin peut se passer de la fin de la phrase. Tom n'est plus. Gustav regarde s'éloigner la civière, où se tient le corps raide et maintenant inhabité de Tom, emmailloté dans des draps blancs. C'est finis, il ne le verra plus jamais, plus jamais ces rires détendront l'atmosphère. Plus jamais il ne lui parlera de ces exploits avec les filles. Jamais plus il ne verra ce loup caché sous une peau de mouton, non, plus jamais.
Gustav s'assoie, ses jambes ne lui permettent plus de rester debout. Ses joues sont lieue de passage pour une pluie de gouttes chaudes et salées, mourants en s'écrasant par terre. Il avait un mal fou à se dire que Lui était mort, Lui, celui qu'il connaît depuis toujours, et qu'il ne verra plus jamais. Ho! Triste Sort est là, et il fait couler son innocence.
Mais Gustav n'est pas au bout de ces peines. Le jeune homme va devoir annoncer à Bill que son frère est mort, il va devoir annoncer à Georg que son ami est décédé, il va devoir annoncer aux parents de Tom que leur fils est partit. Et le jeune homme n'aime pas ça. « Bonjour. - Salut Gustav ça va? - Non Mme Kaulitz, j'ai une mauvaise nouvelle... - Qu'il y a-t-il?! - Tom est décédé. » Il sait qu'elle pleurera beaucoup, peut-être même toute sa vie, la perte d'un fils tant aimé et tant chéri. Il sait aussi que lui, prononçant ses mots qu'il aurait préféré ne jamais avoir à dire, il pleurera aussi. Et tout le monde... ho! Tout le monde le pleurera et le regrettera. Tom est là-haut maintenant, et ne descendra pas. Seulement, la question qui ravage l'esprit de Gustav est plutôt: Comment et pourquoi? Comment Tom est-il exactement mort, pour quelles raisons? Pourquoi l'a-t-on lacéré à coup de couteau? Gustav aurait voulu savoir, mais ça n'est pas de son ressort, seul Bill peut savoir, seul Bill a vu l'assassin. Sauf s'il est lui-même l'assassin, mais cela lui paraît inconcevable.
Le jeune homme se lève, il n'a plus rien à faire ici de toutes façons. Et alors, il s'en va, il retourne chez lui. Il espère simplement que Bill s'en sortira. Il espère oui, il ose penser à ce qui ne peut peut-être pas se passer.