Salut, Hi, Hallo, Holla, Aloa, Ia Orana... comme on voudra!

Salut, Hi, Hallo, Holla, Aloa, Ia Orana... comme on voudra!
*~*~*

Bonjour et bienvenue!

Sur ce blog, tu vas trouver plein de fictions sur Tokio Hotel! Plus besoin de voyager d'un blog à un autre pour les lire des fictions complètement différentes! Ici, tu trouveras plusieurs genre de fictions, comme:
- Aventure
- Amour
- Angoisse
- Fantastique
- Yaoi
- Twincest
- ...

Bref, tu ne peux pas ne pas trouver ce qui te conviens! xD. La liste des fictions se trouve dans l'article suivant celui-ci.

Je n'ai plus qu'à te souhaiter bonne lecture! Et ça serait sympa de laisser un (ou plusieurs!) p'tit commentaire sur ce que tu penses de la fiction que tu as lu. Merci! :D


*~*~*

# Posté le mercredi 14 février 2007 11:27

Modifié le dimanche 02 décembre 2007 09:50

Fictions

Sommaire des Fictions postées sur le blog:

~ Troisième Sexe, page 1.
Yaoi.
Scènes pouvant choquer {Relations sexuelles, violence, sang...}.
Fiction en 10 longs chapitres.


~*~*~

~ Coma Dans Les Nuées, page 3.
One Shot/poème sur le lien des jumeaux.


~*~*~

~ The Black Parade, page 3.
One Shot fantastique inspiré d'un cauchemar.


~*~*~

~ Morphine, page 3.
Twincest.
Scènes pouvants fortement choquer {Relations sexuelles & scarification}.
Fiction en 5 petits chapitres.


~*~*~

~ You're Beautiful, page 5.
One shot inspiré par la chanson You're Beautiful de James Blunt.


~*~*~

~ Mao Boy!, page 5.
Yaoi.
Fiction en 10 petits chapitres.


~*~*~

~ Pour Ne Pas Cesser De Vivre, page 7.
One Shot sur la chanson de Pagny "Chanter".


~*~*~

~ Schizophrénie, page 7.
Angoisse, Fantastique.
Scènes pouvant choquer {Références à Satan, violence, sang}.
Fiction en 10 petits chapitres.


~*~*~

~ Vibrator, page 9.
Humour.
Ne parle QUE de sexe, mais ce n'est pas choquant.
Fiction en 10 petits chapitres.


~*~*~

~ Piqûre de Bonheur, page 11.
One shot sur la drogue.


~*~*~

~ Retour à la Préhistoire, page 11.
Humour, Fantastique.
One Shot en deux grandes parties.


~*~*~

~ Hopeful Place, page 11.
One Shot sur l'attentat du World Trade Center...


~*~*~

~ Chocolat, page 12.
Twincest léger, Ironie grinçante.
Scènes pouvant fortement choquer {Viols, insultes, violence}.
Fiction en 10 chapitres moyens.

~*~*~

~ Moi Mika, page 14.
Le monde en couleur de Mika mélangé à la sombre hyper-médiatisation de Tokio Hotel.
Pathétique voir tragique.
En Cours.
Fictions

# Posté le mercredi 14 février 2007 11:33

Modifié le samedi 02 février 2008 07:02

Troisième Sexe

Troisième Sexe
.

* Titre: Troisième Sexe.
* Personnages: Bill en principal, Gustav et Georg. Tom est là mais...
* Résumé: On ne croirait pas comme ça mais, quand quelqu'un de cher part, il emporte souvant tout avec lui. Bill, pourtant hétérosexuel à 100%, se prend d' un amour fou pour un jeune garçon, Matt, et prétend qu'en lui il retrouve un peu de son jumeau. Mais peu de monde accepte cet amour... Et Matt cache plus d'un secret. Georg n'accepte pas, et puis...
* Warnings: Violence, Yaoi, Viol, Insultes.



Troisième Sexe



Chapitre 1:
Son regard est fixé sur le sol, ses yeux coulent et son c½ur pleur. Il est assit, sur une chaise dans le couloir, la tête baissée, les jambes serrées, les bras croisés. Il voit des pieds aller et venir, se dépêchant ou se traînant, sans pour autant voir qui ils transportaient. Parfois, ils étaient masqués sous de longues blouses blanches. Sa seule contemplation prétend être les carrés du carrelage blanc, souillé d'empruntes boueuses qu'a amené le mauvais temps. Et il attend. Cela fait plusieurs heures qu'il est là, sans manger, sans boire, sans parler et sans bouger. D'ailleurs on ne lui demande rien, on ne lui parle pas, il est juste là, contre le mur, comme une sculpture qui repose depuis longtemps et dont les regards se sont lassés. Ses oreilles bourdonnent, ce lieu de passage est bruyant, les gens s'échangent des informations, appellent de l'aide ou pleurent et crient en apprenant une mauvaise nouvelle. Mais il ne les entend pas, ce n'est pour lui qu'un bruit de fond. Et il attend. La lumière éblouissante pique ses yeux déjà humides. A côté de lui, des patients s'assoient, puis repartent, d'autres prennent la place du précédent. Ils ne séjournent que quelques minutes sur ces chaises, alors que lui est assit là depuis qu'il est arrivé. Il tremble, il a froid. Et il attend. Il attend la suite, qu'on vienne lui dire comment son jumeau s'en sortira. Il espère. Il espère encore que ça n'est pas trop grave. Pourtant, il le sait et c'est inévitable, le dernier souffle approche, il est peut-être déjà rendu. Mais une lueur d'espoir scintille dans ces pupilles, il y croit, il veut le revoir sourire. Il veut pouvoir encore l'aimer et lui dire. Il implore le ciel de ne pas le lui prendre. Il n'a pas le droit d'aller le voir. Il doit attendre, suivant « la suite des évènements », comme le lui a dit le médecin. La porte derrière laquelle tout se joue se dresse devant lui. Il pourrait se lever, il pourrait saisir la poignée, il pourrait l'ouvrir, il pourrait savoir ce qu'il se passe et comment ce drame se finira. Mais il patiente. Il sait qu'il sera accusé, même s'il n'a rien fait, les preuves sont là et parlent d'elles-mêmes, même si elles ne disent que mensonges. Ha ! Triste Sort est là et fait des misères.
Quelqu'un s'assit à côté de lui, une main se pose sur son épaule.
- Alors ? S'exprime cette personne.
Il relève la tête, son cou craque en proie à un violent torticolis, il regarde son voisin mais ne sait pas quoi dire. Le quelqu'un insiste :
- Bill, ils ont prononcé le diagnostique ?
Bill soupire, ses joues mouillées brillent à la lumière.
- Non, répond-il.
Son ami souffle à son tour, inquiet pour l'avenir du frère aimé. Des mots de faible intensité, mais exprimant une peur certaine, sortent de la gorge de Bill :
- J'ai peur Gustav, j'ai peur qu'il s'en aille...
Le dénommé Gustav tape amicalement le dos de Bill. Ce dernier fond en larmes sur son épaule, ravagé par la peur.
- Ne pleure pas comme ça... peut-être qu'il va bien, que ça n'est pas si grave, tente de le rassurer Gustav.
Mais Bill n'entend plus, il n'écoute plus que les lamentations de son c½ur, essayant lui-même de lui dire que ça n'est pas la fin, qu'il est encore bon d'espérer.
Bill se redresse et sèche ces yeux.
- Oui, tu as raison, si ça tombe, il s'en sort bien, parvient-il a dire entre deux sanglots.
Mais le fait que les médecins entrent et ressortent de la salle où se trouve son frère sans rien lui dire l'inquiète quand même. Il parvient néanmoins à se calmer. Il se lève et s'étire les membres, tout engourdis et douloureux à cause de leur longue immobilité. Puis il demande à Gustav:
- Pourquoi Georg n'est-il pas venu avec toi?
- Et bien... il t'a à la bonne maintenant... répond-il en grimaçant.
- QUOI?! Il croit vraiment que c'est moi?!
- Ben, il t'a vu avec le couteau plein de sang dans les mains, et Tom à tes pieds, alors...
Bill se rassoie, totalement perturbé et choqué par ce que pense son ami Georg, qu'il connaît depuis toujours, comme Gustav d'ailleurs. Démuni, il questionne:
- Mais... toi? Toi tu ne crois pas ça, hein?
- Non, je te pense pas capable de faire ce genre de... chose. Je ne sais pas ce qui c'est passé dans la tête de Georg pour qu'il croie que c'est toi.
- Mais c'est pas moi... je ne sais pas comment il s'appelle, je ne connaissais pas son visage, je ne l'avais même jamais vue...
Bill glisse sur sa chaise, jusqu'à presque tomber, et repose sa tête sur le bord supérieur du dossier. Il soupire, il en a mart, déjà mart alors que ça ne commence qu'à peine. Mais sa force est concentrée pour rester éveillé, il ne faut pas dormir, sinon il ratera la moindre information concernant l'état de Tom.
Gustav ne parle plus, il patiente, inquiet aussi, attendant l'heure véridique. Soudain, la porte s'ouvre, mais pas celle derrière laquelle l'âme de Tom est en jeu. La porte d'entrée du couloir claque à la volée et des hommes en uniforme bleu, et un en noir, en découlent. Ils se dirigent vers les deux amis. L'homme en noir s'arrête devant Bill et le relève de force. Bill sait, donc il ne pose pas de question, seulement, il veut savoir pour son frère.
- Allé, on va s'expliquer au poste, hein mon gars?
Il neutralise le maigre corps du jeune homme en lui passant les menottes. Mais le garçon veut absolument rester, pour son jumeau.
- Attendez!
- On attend pas, il m'semble que t'as des trucs à nous raconter! Répond méchamment l'agent.
- J'vous en prie! Je veux savoir pour mon frère je veux savoir comment il va! S'écrit Bill, les yeux coulant.
Le policier prend les longs cheveux du garçon et lui fait baisser la tête, pour qu'il ne soit pas distrait par l'entourage, et commence à l'emmener hors de l'établissement. Mais Bill tiens bon, il commence à se débattre, il ne partira pas d'ici sans rien savoir. Gustav accourt près de lui, mais les agents en bleu l'éloignent et ne prêtent aucune attention à ces injures. Bill crie, Bill pleure.
- Pitié! J'ai rien fais!
- Ravale ta putain de pitié, et vu s'que tu lui a fais, il va crever, t'as assuré ton coup p'tite ordure.
Bill veut tomber, mais l'agent le traîne et l'oblige à avancer en le frappant dans le dos et les cuisses. Ses yeux coulent à flot.
- Gustav! Appelle-t-il.
Mais Gustav ne peut rien faire et doit regarder cette scène injuste. Regarder Bill partir et se faire maltraiter pour une chose dont il n'est aucunement l'auteur. Il est innocent. Toutes ces heures il a attendu sur sa petite chaise pour savoir, avec l'espoir de revoir son jumeau, en vain. Les âmes des deux frères s'éloignent, l'une meurt et l'autre va gravement souffrir. Gustav ne comprend pas pourquoi la vie est si injuste, il ne comprend pas pourquoi ces hommes au service de la nation doivent toujours avoir raison alors qu'ils ont tord. Il regarde son ami se faire tirer vers un fourgon de police, sous ce ciel aux couleurs de crépuscule, le jeune homme frêle tente d'expliquer qu'il n'a pas tué, mais ces paroles meurent dans le vent. Il se débat, il frappe, il hurle, mais rien ne fait lâcher prise aux agents. Et Gustav reste à la porte de l'hôpital, impuissant, les yeux qui pleurent. Il restera là, pour Tom. Le fourgon démarre et s'éloigne, avec en lui la tristesse infinie du frère inquiet.
Gustav essuie ses larmes d'un revers de manche, passe sa main dans ses cheveux blonds et rentre dans l'établissement, car en ce jour glacial de Décembre, mieux vaut se couvrir, mieux vaut se cacher. Il s'assoie sur la chaise où la patience de Bill avait attendu pendant des heures. Et il attend lui aussi. Mais rien ne se passe, la nuit sombre grignote petit à petit le ciel rouge orangé. Bientôt, il fera noir, bientôt, ce noir fera peur aux enfants dans leur lit. Mais Gustav restera là quoi qu'il arrive, même s'il doit y passer la nuit. Il a à présent peur pour ses deux amis.
Son téléphone portable vibre dans sa poche, le jeune blond décroche :
- Allô ?
- Ouais c'est moi, c'est Georg, y'a des nouvelles de Tom ?
- Non, rien... Bill s'est fait arrêté, explique Gustav.
- Normal... soupire Georg.
- Comment ça normal ? Ce n'est pas lui ! S'emporte le blond.
- Attend, je l'ai vu moi, il tenait fermement le couteau dans sa main, ressasse l'autre.
- Je... on sait pas ce qu'il s'est réellement passé, tente Gustav.
- C'est évident... enfin tant pis pour lui, je m'en fou, si Tom est dans cet état, c'est de ça faute, essaye de convaincre Georg.
- Hum...
Après ce murmure, Gustav raccroche, il en a trop entendu. Tout cela est faux. Bill ne peut pas avoir tué son frère. Gustav a toujours eut confiance en Bill, et il est certain qu'un garçon aussi fragile et aussi sensible que lui ne peut pas faire un acte pareil. De plus, il aimait trop son frère pour ça, même si en ce moment ils s'étaient tous les deux un peu fritté. Mais il est vrai que la preuve était tout de même là et Gustav était en droit de douter. Par contre, il trouvait la réaction de Georg abusive, ne plus parler à Bill était pour lui une attitude à laquelle il n'aurait jamais pensé. Pourtant, la sincérité flamboie dans ses yeux quand Bill prétend ne pas avoir poignardé Tom.
La porte s'ouvre, cette fois-ci, c'est la bonne, Gustav retient son souffle, un médecin sort, d'autres le suivent en marche arrière, tirant une civière. Est-ce finit? Le premier s'avance vers lui et lui demande:
- Où est Mr Bill Kaulitz? J'ai une chose importante à lui confesser.
- Il... la police l'a arrêté, je suis là pour prendre des nouvelles de son frère, je suis un ami, explique Gustav.
- Très bien, alors je peux vous le dire à vous.
- Comment va-t-il? S'empresse le jeune homme.
- Je... nous avons fait tout ce que nous avons pu...
C'est bon, Gustav a compris, il ne lui en faut pas plus, et le médecin peut se passer de la fin de la phrase. Tom n'est plus. Gustav regarde s'éloigner la civière, où se tient le corps raide et maintenant inhabité de Tom, emmailloté dans des draps blancs. C'est finis, il ne le verra plus jamais, plus jamais ces rires détendront l'atmosphère. Plus jamais il ne lui parlera de ces exploits avec les filles. Jamais plus il ne verra ce loup caché sous une peau de mouton, non, plus jamais.
Gustav s'assoie, ses jambes ne lui permettent plus de rester debout. Ses joues sont lieue de passage pour une pluie de gouttes chaudes et salées, mourants en s'écrasant par terre. Il avait un mal fou à se dire que Lui était mort, Lui, celui qu'il connaît depuis toujours, et qu'il ne verra plus jamais. Ho! Triste Sort est là, et il fait couler son innocence.
Mais Gustav n'est pas au bout de ces peines. Le jeune homme va devoir annoncer à Bill que son frère est mort, il va devoir annoncer à Georg que son ami est décédé, il va devoir annoncer aux parents de Tom que leur fils est partit. Et le jeune homme n'aime pas ça. « Bonjour. - Salut Gustav ça va? - Non Mme Kaulitz, j'ai une mauvaise nouvelle... - Qu'il y a-t-il?! - Tom est décédé. » Il sait qu'elle pleurera beaucoup, peut-être même toute sa vie, la perte d'un fils tant aimé et tant chéri. Il sait aussi que lui, prononçant ses mots qu'il aurait préféré ne jamais avoir à dire, il pleurera aussi. Et tout le monde... ho! Tout le monde le pleurera et le regrettera. Tom est là-haut maintenant, et ne descendra pas. Seulement, la question qui ravage l'esprit de Gustav est plutôt: Comment et pourquoi? Comment Tom est-il exactement mort, pour quelles raisons? Pourquoi l'a-t-on lacéré à coup de couteau? Gustav aurait voulu savoir, mais ça n'est pas de son ressort, seul Bill peut savoir, seul Bill a vu l'assassin. Sauf s'il est lui-même l'assassin, mais cela lui paraît inconcevable.
Le jeune homme se lève, il n'a plus rien à faire ici de toutes façons. Et alors, il s'en va, il retourne chez lui. Il espère simplement que Bill s'en sortira. Il espère oui, il ose penser à ce qui ne peut peut-être pas se passer.

# Posté le mercredi 14 février 2007 11:38

Modifié le dimanche 02 décembre 2007 12:33

Troisième Sexe

Troisième Sexe
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Chapitre 2 :
Encore sur une chaise. Mais cette fois, ses mains sont hors d'états de nuire, accrochés sur les accoudoirs par des bracelets de fer. Il ressent un vide en lui, il sent que c'est certainement fini. Mais il pousse son esprit à croire le contraire, il faut qu'il soit fort. Il fait face à cet immense océan de tristesse et de désespoir, dont chaque vague ne fait que ravager un peu plus son c½ur, dont chaque brin d'algue ne fait que resserrer ses chances de finir sa vie dans une pièce froide, munit d'ouvertures garnis de barreaux, rayant l'astre du jour. Pourtant, il tient bon, alors que tout le pousse à perdre misérablement espoir. Il le sait, son âme est alertée, elle a perdu une partie d'elle-même, Tom est mort.
L'agent en face de lui frappe sur son bureau, il le contraint à avouer ce qu'il n'a pas fait.
- Vas-tu parler ?
Son visage est rouge de colère, son front est perlé d'énervement. Seulement, Bill n'a pas à avouer une faute qu'il n'a pas commise.
- VAS-TU PARLER ?!
Il frappe avec son poing sur la surface du bureau. Les larmes de Bill l'excusent en silence, silence que l'agent n'entend pas.
- PARLE BORDEL DE MERDE !
Bill lève ses yeux à demis clos et fixe l'agent dans le fond des pupilles. Il ne lui reste que sa voix pour le sortir de ce cauchemar. L'agent cherche sur son ordinateur, puis lit à voix haute, le plus calmement que son excitation le lui permet :
- Bill Kaulitz, 17 ans, un frère jumeau, des parents divorcés, résidant à Magdeburg chez sa mère étant hôtesse de l'air, lycéen. Poux-tu me dire qui s'occupe de vous ? Votre mère n'étant jamais là ?
- Ma tante, répond le jeune homme en essayant de dissimuler ses sanglots.
- D'accord... n'était-elle pas là lors du meurtre ?
Il l'a bien prononcé, meurtre, Tom n'est définitivement plus là, voilà la cause du coup de téléphone tout à l'heure. Le débit de larmes redouble d'intensité.
- Non... elle... je ne sais pas où elle était, explique Bill.
- Oui... il y avait-il des tensions entre ton frère et toi ?
- Non ! Mais puisque je vous dis que je ne l'ai pas tué ! S'emporte le garçon.
- Calme-toi ! Les preuves nous disent le contraire !
- Mais analysez le couteau avec vos machins, vous verrez que je ne suis pas le seul à l'avoir touché !
- Les seules empruntes digitales qui figuraient sur le manche étaient les tiennes !
Là, Bill ne comprend plus. L'assassin lui a remit le couteau en main propre, après l'avoir épargné. Mais cela avait été si rapide, Bill ne se souvient pas.
- Avait-il des gans ? demande l'agent.
- Je... je n'en sais rien...
- Tu prétends ne pas l'avoir tué mais tes explications sont moindre mon garçon. Il est tard, nous n'avons avancé en rien, mais nous continuerons demain. Mes agents vont te reconduire chez toi, mais tu seras surveillé par deux veilleurs.
Il prend un micro et annonce la fin de l'entretien. Une porte s'ouvre, deux personnes se chargent de rendre à Bill l'utilité de ces mains. Puis on le reconduit chez lui, deux agents restent dans la maison et parlent avec sa tante, qui est rentré, et qui éclate en sanglot en apprenant la nouvelle. Bill monte dans sa chambre pour pleurer en paix, sur le lit qu'il occupait encore hier soir avec son frère. A présent, ces nuits, il les passera seul.
Bill non plus ne comprend pas pourquoi cette personne dont il ne connaît ni le nom ni le visage a voulu tuer Tom. Qu'est ce que Tom a bien pu lui faire ? Cela demeure un mystère. Bill n'en sait rien. Personne n'en sait rien, sauf le principal concerné qui a emporté ce secret dans sa tombe.
Bill se dit qu'il faut qu'il dorme, car demain, outre les entretien qu'il devra avoir avec les agents, il serra certainement assaillit par les questions des journalistes qui veulent savoir, mais sans pour autant compatir pour la mort de son frère.
Le lendemain, Bill se réveille, mal et triste. Il descend à la cuisine, même s'il n'a pas vraiment faim. Il sait que la journée va être longue. A peine entre-t-il dans la pièce que sa tante lui saute au cou. Elle pleure, Bill la serre contre lui, pleurant aussi. Aucun ne parle, le silence suffit à lui seul pour exprimer ses peines. Puis, comme si elle avait eut honte de son attitude, elle s'éloigne de Bill et dit le plus sereinement possible :
- Va t'habiller, je vais te préparer ton déjeuner, les policiers vont bientôt arriver.
- Ne devaient-ils pas rester ici ? S'étonne Bill.
- Si, mais je leur ai dis que je saurai me débrouiller seule avec toi... explique-t-elle en mettant en route la cafetière.
Bill attend un peu avant de demander :
- Tu ne penses pas que j'ai fais ça hein ?
Sa tante le regarde, avec une profonde sincérité luisant dans ses yeux.
- Non.
Bill soupire, soulagé. Sa tante sort une baguette du four, se qui répand une odeur alléchante de pain chaud dans tout le rez-de-chaussée. Bill s'apprête à monter se laver quand une dernière question lui vient :
- Je n'irai pas au lycée ?
- Non, pas avant qu'ils aient proclamé ton innocence. Va te préparer maintenant.
Le jeune homme monte dans la salle de bain, se déshabille et s'engouffre dans la cabine de douche. Il fait couler l'eau, puis s'abaisse pour prendre son tube de champoing. A côté, il y avait la petite bouteille de gel douche qu'utilisait Tom. Bill la prend, l'ouvre et respire le parfum qui s'en dégage, qui se rapprochait de l'odeur corporelle de son frère. Ses yeux lui piquent, mais il se retient de verser des gouttes. Il se dépêche de se laver les cheveux et le reste du corps, puis il coupe l'eau et attrape une serviette négligée par terre, à côté de la douche. Il s'essuie, sort et s'habille. Il brosse ses longs cheveux noirs et les sèches en les ébouriffant au maximum. Il tartine son visage de crème puis entour ses yeux d'une épaisse couche d'eyeliner noir. Il passe de multiples colliers tête de mort autour de son cou et une ceinture à clous dans les passants pour serrer son jean déjà fort moulant. Enfin il enfile ses bottes en cuir noir à talons compensés, puis il redescend à la cuisine. Il y trouve sa tante en train de tremper un morceau de pain beurré dans son café. Bill s'assoie à côté d'elle, devant un bol et deux tartines. Tous les deux mangent, en silence.
Bill avalait sa dernière bouchée quand on toque à la porte.
- Va-y, tu es plus habillé que moi... dit sa tante encore en robe de chambre.
Le jeune homme se lève, tourne la clef dans la serrure et ouvre la porte. Il se retrouve nez à nez devant l'inspecteur, qui dévisage le garçon habillé d'une veste noir en cuir et d'un pantalon déchiré.
- Mr Bill Kaulitz ? demande-t-il.
- Oui c'est moi... dit le garçon de sa voix fluette.
L'inspecteur sourit en voyant ce jeune homme totalement efféminé. Mais ce style savamment androgyne, c'est ce qui caractérise le plus Bill.
- Bien... êtes-vous prêt pour aller au commissariat ? demande l'agent.
- Oui, nous pouvons y aller... j'arrive dans une minute, souffle le jeune homme.
Bill rentre dans la maison et va embrasser sa tante, qui lui souhaite courage et qui lui demande de lui tenir au courant de l'avancement de l'affaire.
Le jeune homme sort, l'inspecteur l'accompagne jusqu'à sa voiture. Aucun ne parle, le trajet se passe au son mécanique du moteur. Bill ne veut pas aller là-bas, il a peur de ce qui peut bien lui arriver, tout ce qu'il veut, c'est l'impossible, c'est Tom contre lui. C'est son odeur se mélangeant à la sienne, c'est ses cheveux s'emmêlant aux siens, c'est son esprit réconfortant contre son âme déchirée. Parce que quand Bill allait mal, Tom était là et sa simple présence lui suffisait à se sentir bien mieux. Mais maintenant, il est seul, coupé à demie, ayant perdu la moitié de lui-même.
La voiture ralentit et se gare devant un grand bâtiment: le commissariat. Ça fait deux fois que Bill y vient. Ils sortent de la voiture, l'inspecteur le traîne jusqu'à l'entrée. Aussitôt dans le hall, plusieurs gardes encerclent Bill comme s'il portait sur lui une bombe. Il lui font enlever ses bracelets à pointes et ses mitaines, ils lui passent des menottes, juste au cas où, mais elles sont moins serrées qu'hier soir. Ils le mènent dans la même salle, sur la même chaise, devant le même agent. Le jeune homme frissonne à l'idée d'être enfermé là pendant des heures, là où, avant lui, des criminels ont imprimé le son de leur voix dans les murs blindés.
L'agent s'accoude sur le rebord de son bureau, puis il demande calmement:
- Tu as bien dormis?
Bill, surprit par cette réponse, dit simplement:
- Non.
- C'est bien dommage, car tu es là pour bien du temps, il va t'en falloir de l'énergie.
Ce n'est, à vrai dire, pas ce qui inquiète le plus le garçon.
- Oublions tout ce qui a été dis hier soir, veux-tu? Maintenant, raconte-moi tout depuis le début dans le moindre détail...
Et c'est ce qu'il fit. Mais ils n'était pas plus avancé sur les causes du meurtre. Par contre:
- Tu étais avec un amis dans ta chambre, c'est ça? Mais tu es descendu sans lui et tu as vu ton frère par terre, l'assassin à genou sur lui?
- Oui...
- Mais te souviens-tu de son visage?
- Il était... brun, je crois, ou... blond... je ne sais plus... il était tout en noir, un bandana sur le visage...
- Non, je parle de signes particuliers, des cicatrices, des tatouages?
- Je ne sais pas...
L'agent soupire.
- Nous avons examiné le corps ce matin, les coups ne portent pas de trace, il n'y a aucune emprunte, on en a déduit que ça ne peut pas être toi... Seul le couteau...
- Et je n'ai touché que le couteau car il me l'a mis en main sans que je ne puisse faire quoi que se soit, coupe Bill.
Ça méritait d'être claire.
- Oui, et ton ami t'as vu ainsi, avec le corps à tes pieds.
- Oui...
Cette conversation est totalement inutile, pense Bill.
- Et bien si ce que tu dis est vrai, tu es innocenté.
Bill fixe de son regard noir et impassible l'agent. Tout cela est stupide, il lui a fallut expliquer à deux reprises ce qui s'est passé pour obtenir gain de cause. Enfin, maintenant c'est fini...
- Tu es donc libre, mais nous te retenons pour témoignage.
Ou peut-être pas encore fini. Bill s'emporte, Bill sature:
- Mais je viens de témoigner, maintenant foutez-moi la paix!
- Bientôt, une dernière chose pour aujourd'hui... votre frère avait-il de relations tendu avec quelqu'un? Au lycée?
- Je... non, je n'en sais rien.
Bill disait connaître son frère par c½ur, mais en fin de compte, il s'était peut-être trompé...
- Bon... soupire l'agent, nous allons continuer les enquêtes, et nous te tiendrons au courant. L'inspecteur va te reconduire chez toi.
Comme le soir précédent, il appelle deux agents au micro qui le reconduisent dans le hall, où l'inspecteur l'attend déjà. Comme la première fois, il dévisage les traits fins du garçon. Puis il le ramène chez lui.
La tante de Bill l'attend sur le pallier, le fait entré. Elle referme la porte précipitamment, comme si des songes suspects voulaient s'échapper de cette maison. Elle prend le visage aux joues humides de Bill dans ses mains et embrasse son front, dans son pur rôle de seconde mère protectrice.
- Alors? Demande -t-elle inquiète.
- Ils m'ont relâché... mais ils n'en savent pas plus sur la personne qui a...
Bill ne veut pas terminer sa phrase, il laisse les larmes et le silence s'en charger à sa place, et enlace sa tante. Sa tant, il l'aime. Sa tante, c'est plus que ça mère. Sa tante, elle n'est pas mariée, elle n'a pas d'enfants, c'est la petite s½ur de sa mère, qui autrefois était considéré comme le vilain petit canard de la famille. Sa tante, elle n'est pas très grande, elle n'est pas très belle, mais elle est si sincère, si gentille... elle aime tellement ses neveux... ou plutôt son neveu. C'est comme si elle vivait pour eux. Elle les aime comme s'ils étaient ses enfants, ils comblaient à deux un manque qui n'aurait jamais été assouvit. Mais maintenant Bill est seul, sa tante l'aime, heureusement qu'elle est là. Car sa mère, Bill ne la connaît que de visage. Jamais il ne la voit, jamais il ne lui parle. Il se demande parfois si elle pense à lui, il se demande si elle pensait à Tom, il se demande si elle sait pour son fils. Jamais elle ne passe un coup de fil, jamais elle ne donne de nouvelles. Pour Bill, sa mère est un mystère à élucider, il voudrait la connaître, connaître cette femme qui l'a mise au monde.

# Posté le mercredi 14 février 2007 11:50

Modifié le dimanche 02 décembre 2007 12:36

Le Troisième Sexe

Le Troisième Sexe
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Chapitre 3:
Après le repas du midi, Bill veut retourner au lycée. Il sait qu'il sera assaillit de questions, il sait qu'on le regardera de travers. Mais il ne veut pas rester seul avec ses idées noires. Alors, vers une heure et demie, il part pour le lycée, son sac noir sur le dos, ou plutôt, sur les fesses tellement il est réglé bas.
Chaque matin, il passait par la même route, avec Tom. Des fois, le trajet se faisait dans les rires, parfois dans les cris. Aujourd'hui, il se fait dans le silence. Il passe devant cette boulangerie, où, quand ils étaient plus petits, Tom et lui réclamaient des petits pains à leur tante. Mais ce temps est révolu à présent.
Bill arrive devant le portail du lycée. En tant normal, on le regarde, parce que son style est différent, parce qu'il ne ressemble à personne d'autre que lui, parce qu'il est beau bien que maigre, parce qu'il est accompagné d'un charmant garçon aux dreadlocks blondes relevé en queue de cheval. Aujourd'hui, ces regards ont changé, car quelque chose s'est passée. Bill qui, autrefois souriait à pleines dents en arrivant, n'ose pas affronter ses regards, il n'en a ni la force ni le courage. Il traverse la cour, il sait que plusieurs dizaines de paires d'yeux sont posés sur lui. Il ne regarde à peine où il marche, il va vers l'entrée de l'établissement. Il regarde ses chaussures, dans leur mouvements de va et vien. Si bien qu'il se heurte à quelqu'un. Un jeune blond, plus petit que lui, au visage tendre et familier, Gustav.
- Tu... ça va?
- Mon frère est mort, je suis accusé de meurtre et j'ai les flics au cul, mais à par, ça, oui, ça va.
Gustav se méfie de ce ton ironique, il décide de ne pas aborder le sujet délicat maintenant, il fera l'affaire de la récréation de tout à l'heure.
Bill soupire, un peu honteux de sa réaction.
- Et toi...?
- Ben faut bien...
- Gustav! Appelle une voix.
Les deux amis se retournent, c'est Georg. Mais il ne s'avance pas, il ne veut voir que Gustav.
- Je reviens, dit le blond.
Gustav s'éloigne, Georg regarde Bill d'un air mauvais. Bill ne veut pas rester là, il rentre dans le lycée et va attendre devant sa classe, où des filles sont déjà là en train de chahuter. Il y a aussi un garçon, un grand blond, à peut près de la taille de Bill avec ses talons compensés, donc plus grand, une longue mèche blonde devant les yeux, balayé de noir, le reste des cheveux est court, relevé en hérisson. Il porte des chaussures à damier noir et blanc, un pantalon noir moulant, un t-shirt noir et rose sous un gilet ouvert, noir aussi. Ses yeux sont maquillés, un peu bridés, verts avec de longs cils. Il a une bouche très bien dessinée, des lèvres pulpeuses. Il est beau, trouve Bill, il est bizarre, trouve le groupe de filles. C'est un nouveau, certainement, Bill ne l'a jamais vu dans sa classe. Le jeune homme s'adosse au mur, et attend, à côté de l'inconnu. La sonnerie retentit enfin. Le professeur arrive, Georg passe et snob totalement Bill.
En classe, Bill apprend que le nouveau vient d'arriver en Allemagne, et qu'il est américain. Il parle assez bien la langue du pays, mais il a un accent qui fait sourire. Il s'appelle Matt, il a 18 ans et il paraît assez distrait comme garçon, rêveur. Il va s'asseoir au fond de la classe après sa présentation. Bill remarque qu'il a des airs efféminés lui aussi, dans sa façon de parler et de marcher. Voilà la classe entière partit pour un long court soporifique de deux heures de français... avant que sonne la récré.
Bill sort dans les derniers de la classe, toujours lent à ranger ses affaires. Le nouveau le précède, Bill ne peut s'empêcher de regarder sa grâce démarche. Il retrouve Gustav, parlant avec Georg, près des toilettes. Il s'approche, Georg grimace. Ils s'arrêtent tout deux de parler. Bill est gêné.
- Je heu... on va dehors? Demande-t-il.
- Sans moi, dit Georg en entrant dans les toilettes.
Gustav fait signe à Bill de venir avec lui. Ils sortent dans le froid mordant et se dirigent vers les grilles au fond de la cour. Gustav prend Bill entre quatre yeux et dit:
- Georg n'arrive pas à se défaire de l'idée que c'est toi qui l'a tué...
- Ça me fais mal qu'il pense ça de moi, avoue Bill.
- Moi je ne le comprends pas...
Un long silence s'en suivit, perturbé par les conversations d'autres élèves. Gustav brise le blanc:
- On en sait plus sur le type qui a...?
- Non, coupe Bill soupirant.
Le silence se réinstalle. Bill regarde aux alentours, ne sachant quoi dire. Il aperçoit le nouveau, seul assit en tailleur dans un coin, le regard perdu dans des feuilles de papier, mâchouillant un crayon. Il relève la tête et regarde le ciel, ouvrant ses grands yeux émeraudes en amandes. On dirait un de ces mecs qui posent sur le net, sur des photos voulant exprimer la lassitude, la solitude, l'exaspération ou la dépression. Sauf que lui, il rêve. Puis d'un coup il replonge dans ces feuilles et griffonne quelques mots ou phrases. Bill ne se lasse pas de le regarder, intrigué. Même de loin, Bill ne saurait dire à quel point son visage est doux comme celui d'un enfant.
- Bill tu te sens bien ?! Intervient Gustav.
Bill sursaute, il était complètement dans ses pensées, dans un monde qui n'appartient qu'à lui.
- Oui, pourquoi ?
- J'sais pas tu te balances d'un pied à l'autre en respirant bizarrement.
- Ha...
- T'es sûr que ça va, hein ? Insiste Gustav.
La sonnerie sauve Bill d'une explication douteuse.
- On se voit à six heures à la sortie ? demande le jeune homme.
- Oui... répond Gustav.
Bill s'éloigne, il se dirige vers la salle d'arts plastiques. Il marchait tranquillement dans le couloir quand quelqu'un l'appelle.
- Heu... Bill !... s'il te plaît !
Bill s'arrête d'un coup, se retourne et se prend une personne dans la figure qui tombe sur lui. Il écarquille les yeux quand il voit Matt se tenant au dessus de lui.
- Ho excuse-moi... je ne savais pas que tu allais t'arrêter si vite.
Il se relève, Bill l'imite, un peu abruti par la chute. Matt s'époussette, recoiffe sa mèche et demande :
- C'est où la salle de dessin ?
Bill s'étonne en entendant sa voix aussi fluette que la sienne.
- C'est, c'est... heu, par... par là. Vi... viens avec... m... moi.
Matt le regarde un peu de travers après qu'il est prononcé cette phrase qu'il a eut du mal à sortir. Bill sourit comme il peut et l'emmène vers la classe. Il s'installe sur une table du fond et Matt demande :
- J'peux me mettre avec toi ?
- Ouais si tu veux...
Matt s'installe donc à ses côtés et sort ses affaires. Bill se sent ridicule. Le professeur fait l'appel, puis annonce les consignes :
- Placez-vous en face de votre voisin et dessinez-le !
Bill déménage et va maintenant en face de Matt, qui le regarde sans ciller. Les yeux de Bill vont de son cahier au visage du nouveau, mais ce dernier ne prétend pas se détacher de sa contemplation. Bill se sent rougir et veut mettre fin à ce supplice :
- Pourquoi tu me regardes comme ça ?!
- Ben, je dois te dessiner ! Répond-il comme si de rien n'était.
- Oui...
- Arrête de tourner la tête, que je puisse te regarder normalement ! S'écrit-il.
- Pardon... s'excuse Bill en essayant de rester tranquille.
Son regard croise celui de Matt, pétillant et brillant.
- Ça va être facile t'as un visage tout fin comme un gamin.
- Ha ?!
Bill aurait bien voulut protester en disant que lui aussi avait un visage d'enfant, mais rien n'a voulut de sortir de sa bouche. Il se contente de sourire.
- T'es tout rouge, c'est mignon on dirait un pikachu, remarque Matt.
Bill ne sait plus où se mettre, il a totalement honte, mais en même temps il a envie de rire par rapport à cette drôle de constatation. Mais c'est le mot « mignon » qui le dérange un peu.
Matt commence à dessiner les yeux, le nez, la bouche, puis le contour du visage de son voisin. Bill jette un coup d'½il... ça lui ressemble assez bien. Lui aussi se met à dessiner, en commençant par les yeux également. Mais ça ne rendait pas aussi bien que l'½uvre de son modèle. En moins d'un quart d'heure, Matt avait finit. Il lui montre sa planche.
- T'aimes ? demande-t-il.
Bill est impressionné par la ressemblance.
- Ouais, c'est beau, dit-il simplement.
Il cache son dessin raté, mais Matt veut le voir.
- Tu me montres le tien ?
- Heu... voilà, dit Bill en lui montrant sa planche, en grimaçant.
- Hum, ça va...
Ça va si on aime les extras terrestres. La sonnerie annonce la fin du cours. Bill range ses affaires en essayant d'éviter au mieux le regard de Matt.
- Attendez ! Crie le professeur, j'ai des circulaires à vous distribuer.
Elle se place à la porte pour que chaque élève en prennent une quand ils sortent. Bill regarde en quoi elle consiste une fois dans le couloir. C'est un voyage pédagogique de deux jours à Paris. Bill n'y est jamais allé, et il avait toujours été passionné par la capitale de l'amour, tout comme Tom.
- Tu viens on a anglais, dit Matt en prenant Bill par le bras.
Bill le suit, ne sachant pas quelle sympathie ce garçon lui trouvait.
La fin des cours est arrivée, Bill attend Gustav au portail. Matt passe et sourit :
- A demain, dit-il.
- A demain, dit Bill, froidement.
Gustav arrive à son tour. Ils repartent ensemble chez eux, n'habitant qu'à deux rues d'écart.
En rentrant, Bill s'affale sur son lit. Il n'a pas envie de faire ces devoirs. Sa tante, l'ayant entendu rentré, frappe à sa porte, entre et s'assoit sur le lit, à côté du garçon fixant le plafond avec attention.
- Tu as passé une bonne après midi mon chéri ?
- M'oui...
Sa tante inspire un grand coup avant d'annoncer :
- L'enterrement se fera samedi matin, demain donc.
Une larme dévale la pente de la joue du jeune homme. Sa tante l'essuie avec ses doigts et demande :
- Qu'est ce que tu veux manger ce soir ?
Le garçon tourne la tête et la regarde, les yeux flous.
- Sais pas... soupire-t-il.
Sa tante voit qu'il n'est pas d'humeur pour recevoir de la compagnie, elle le laisse seul en disant : « je te ferais des coquillettes ».
Bill soupire, jouissant du silence. Il roule sur son lit et enfouit son visage dans sa couette, la mouillant de son eau. L'absence de Tom était insupportable, ils étaient toujours à deux, jamais ils ne se séparaient. Dorénavant, la solitude lui est soumise. Le garçon relève la tête et serre sa couette contre lui. Il a envie d'hurler. Il enlève sa veste et ses chaussures, puis il se glisse dans son lit. Il veut dormir, s'il dort, il n'y pensera plus. Mais le chemin du sommeil ne lui revient pas. Il se contente de crier en silence ses souffrances.
« Tom... Tom entends-moi... où es-tu parti ? Reviens-moi... La vie n'a plus de couleur sans toi... Pourquoi es-tu déjà parti ? C'est trop tôt... Emmène-moi là où tu es... Ou alors fais en sorte que je t'oublie, je t'en pris... Il me reste toute une vie pour te pleurer... Ho je t'en supplie enlève-toi de mon esprit... »

# Posté le samedi 31 mars 2007 04:20

Modifié le dimanche 02 décembre 2007 12:24