Chocolat

Chocolat
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Chapitre Dix: Epilogue
Si j'avais pu choisir la fin de notre histoire, voici comment elle serait:
Nous serions peut-être réstés en Allemagne ou bien nous serions allés dans un autre pays. Peu importait. Nous aurions trouvé une école assez prestigieuse, avec internat où loger. Majeurs, nous aurions acheté une maison, ou un appartement celon l'argent qu'il nous restait de notre père. Mais ça aurait été le temps de faire des études. Je ne sais pas ce que j'aurais fait, Tom non plus n'en savait rien, mais notre futur métier nous aurait fait faire le tour du monde, gagné assez d'argent pour vivre agréablement. Je me serais marié, Tom aussi. Notre situation de famille nous aurait fait arrêter les voyages dans le monde, mais nous pourrions toujours partir en vacances. Nous serions voisins de maison. Nos enfants seraient heureux, notre femme aussi. Nous aussi. Je verrais Tom tous les jours. On ne se quitterais plus jamais.

Mais ça ne s'est pas passé comme ça. Comment recommencer à vivre lorsqu'on commence à comprendre qu'on ne peut plus retourner en arrière? Il y a des blessures qui ne guérissent jamais et qui saignent toujours, et des cicatrices qui marquent à vie. Comment oublier le mal lorsque celui-ci réside à jamais devant vos yeux qui, désespérément, tentent de ne pas le regarder, mais qui ne peuvent pas faire autrement pour avancer et regarder où mettre les pieds? Comment ne pas penser à ce qui fait mal? A ce qui vous bat tout au fond de vous-même? C'est impossible.
Malgré toute la volonté dont avions fait preuve pour oublier, nous n'avons jamais pu oublié. Quand je regardais Tom dans les yeux, je voyais toujours ce mal, cette tristesse, cette douleur qui luisait dans ses pupilles. Il voyait la même chose dans les miens. Nous avions une maladie qui ne pouvait guérir. Nous étions malades de nous-même, malades de ce passé déchirant, lacérant, tuant. Nous n'avons jamais réussit à en guérir. Et elle vînt à bout de nous. Mais qu'importe, dans le fond. Que nous soyons ici, là-bas, dans les nuages, ça n'avait aucune importance. A une condition: que nous soyons à deux. Et si la condition était remplie, le monde pouvait bien s'arrêter de tourner, nous pouvions bien mourir, on s'en fichait pas mal, tant que nous étions ensemble.
Maintenant je sais, lorsque je regarde la terre de là-haut, Tom à côté de moi me tenant la main, qu'il y a bien peu de bonheur sur Terre pour un être qui ne sent pas entier, complet et en accord avec ce qu'il est. Je sais que, outre les lampadaires qui envahissent le ciel une fois la nuit tombée, derrière il y a les étoiles, l'immensité, la grandeur. Nous accrochons tous une étoile dans la nuit lorsque nous disparaissons, histoire que ceux qui nous ont connu ne nous oublissent pas. Et je sais encore que dans cette mer étoilée, je n'ai jamais été aussi heureux, je n'ai jamais autant souri. Tom aussi sait cela. Nous savons qu'il n'y a pas besoin de grand chose pour être heureux. Il n'y a pas besoin de tant d'artifice, de tant d'argent, de tant de monde pour se fendre les joues. Il faut juste être entouré des personnes qu'on aime. Ca suffit...

F I N

# Posté le mercredi 16 janvier 2008 13:04

Moi Mika

Moi Mika
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Titre: Moi Mika
Personages: Mika et Tokio Hotel
Résumé: Le prologue est un excélent résumé ;).
Warnings: Aucun.



Moi Mika

I. Prologue
Moi Mika, j'ai vu des choses que je n'aurais jamais dû voir. J'ai fais des choses que je n'aurais jamais dû faire. Et j'ai surtout compris ce que personne n'aurait jamais dû comprendre.
Je ne suis pas un illustre inconnu. Mon nom vous est peut-être familier. Je suis anglais, j'ai 25 ans et surtout, mais vous le savez probablement déjà, mes chansons sont très populaires en Europe.
Je parle impeccablement français puisque j'ai vécu huit ans en France. En revanche, l'allemand n'a jamais été mon truc et j'étais plutôt le dernier de la classe dans cette matière. Je me suis toujours dis que ça ne me servirait jamais à rien. Mais j'avais tord. Il y a quelques semaines, j'aurais donné n'importe quoi pour savoir bien parler cette langue.
Moi Mika, j'ai gardé un secret, comme on me l'a si gentillement – et pitoyablement – demandé. Je ne suis pas du genre à tout cafter. Je ne suis pas le type qui raconte des trucs qui ne l'intéressent pas pour se rendre justement intéressant. Non. Mais malheureusement, j'ai dû, j'ai été obligé de révéler ce secret au grand public. Je crois que c'était même une question de vie ou de mort.
Moi Mika, j'ai assisté en long et en large à la vie quotidienne d'un groupe allemand hyper-médiatisé. Je dois vous dire que ce n'était pas beau à voir et que, dès que les micros et les caméras étaient éteints, les sourires étaient vite effacés et l'anthousiasme avait rapidement fait place à une tristesse sans nom.
Moi Mika, j'ai assisté au tournant fatal du groupe idole des jeunes. Je l'ai vu se faner, je l'ai vu pourrir et je l'ai vu disparaître, ou presque. J'ai presque envie de dire que, si je n'avais pas été là, ça aurait pu aller loin, trop loin. Pour moi, ça avait déjà été trop loin.
Moi Mika, je ne me vante pas de ce que j'ai fais. J'aurais préféré ne pas avoir à le faire. Mais je vous raconte cette histoire qui n'est pas seulement la mienne; cette histoire sur la véritable vie de ce jeune groupe que tout le monde savait plein de vie et de gaieté: Tokio Hotel.

# Posté le vendredi 25 janvier 2008 15:41

Modifié le samedi 26 janvier 2008 09:20

Moi Mika

Moi Mika
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II. Quotidien Troublé
26 Janvier 2008. C'est ce jour là que tout a commencé. Pourtant, la journée s'annonçait comme toutes les autres en ce moment: agitée. Depuis que mon dernier album Life In Cartoon Motion cartonnait partout en Europe, je n'avais pas le temps de me tourner les pouces.
La journée démarra à huit heures pétantes grâce à Peter, mon manager, qui tambourinait à ma porte de chambre comme un dingue avant d'insérer la clef dans la serrure et d'entrer comme un boulet de canon lancé à 100 kilomètres/heure.
Allé mon grand. On se réveille!
Ne me demandez pas comment il faisait pour être aussi énergique et anthousiaste à une heure pareille, je n'avais pas de réponse.
Je donnai comme unique signe de vie un « Humpf » qui voulait tout dire. Non, je n'avais pas envie de sortir de mon lit bien chaud en sachant que dehors la température était proche des négatives.
Y'a plein de trucs intéressants à faire aujourd'hui, dit-il pour me motiver.
Essaye de t'en persuader, dis-je encore à moitié endormi.
En réalité, il n'y avait rien à faire aujourd'hui de si intéressant que ça. Beaucoup d'interviews et quelques shootings. Les shootings pouvaient être marants si le photographe était un tantinet déjanté pour vous faire poser n'importe comment, ce qui n'arrivait presque jamais. Les interviews, c'était pareil, sauf que les journalistes déjantés n'existaient pas. Il y avait juste la perle rare, le journaliste (ou la journaliste!) drôle qui vous faisait hurler de rire rien qu'en prononçant un mot. J'ai rencontré une ou deux fois ce journaliste, et j'ai eu ma dose de rire pour un mois au moins.
Allé Mi', y'a Rock Your Life qui débarque ici dans moins d'une heure. Et tu sais comment ils sont pour ce qui est des horaires.
Le magazine Rock Your Life, pour ce qui était des horaires, venait au moins dix minutes avant le rendez-vous. Et en plus, ses journalistes étaient pompeux. Il y a des fois, ils posent des questions tellement peu terre à terre que je n'ai même pas envie de répondre. Mais je réponds quand même, ma bonne éducation m'y force. Mais allez savoir pourquoi ils vous demandent à quoi vous pensez quand vous prenez votre petit déjeuner. Enfin... je ne pense pas être le seul artiste à qui on pose des questions pareilles.
Je me décidai à me lever, à huit heures vingt. Le magazine arrivait dans une demie-heure. J'avais donc une demie-heure pour me préparer et prendre un petit-dèj'. C'était encore faisable.
Je me lavai, m'habillai, me coiffai, puis descendai dans le salon privé de l'hôtel Beaufort, mon hôtel préféré à Londres, pour petit-déjeuner. Le salon était vide, comme d'habitude. Mais un serveur était en train de débarasser une table qui venait d'être occupée et chargeait la vaisselle sur un petit chariot. Ca, par contre, ça n'était pas comme d'habitude. Il n'y avait jamais personne d'autre que moi qui réclamait le salon privé, du moins, pas quand j'étais à l'hôtel. Je me demandai bien qui pouvait s'offrir ce luxe, car très peu d'artistes venaient dans cet hôtel en raison de la grande distance qui le séparait des salles de concerts. C'était peut-être quelqu'un qui n'était pas célèbre, après tout, mais qui roulait sur l'or.
Je m'assis à une table près des vitres fumées. Un serveur apporta ce que j'avais demandé, enfin ce que mon manager avait comandé la veille au soir. J'allais m'attaquer à un croissant beurré quand quelqu'un débarqua en trombe dans le petit salon, visiblement affolé. C'était un garçon, pas de doute, mais qui ressemblait incroyablement à une fille. Il avait un look destroy, ses vêtements lui allait à merveille, mais qu'est-ce qu'il était maigre. Il avait un visage totalement épuré, fin, parfait et de longs cheveux noirs bien lissés. Je crois qu'il aurait pu être parfait dans son genre s'il n'était pas aussi maigre et si une barre de tristesse et de fatigue ne lui barrait pas le visage. Il avait essayé tant bien que mal de masquer ses traits de fatigue sous du maquillage, mais je décelais sans difficulté les cernes foncées qui descendaient sur ses joues trop creuses. L'eyeliner noir de ses yeux avait d'ailleurs coulé sur ses joues de cire.
Il s'adressa au serveur qui s'affairait à ce qui devait être sa table de petit-déjeuner quelques minutes avant que je n'arrive.
Excusez-moi, vous avez trouvé un téléphone portable ici? Demanda-t-il dans un anglais très mauvais en pointant la table.
Il avait la voix sanglotante.
Ho! Oui, répondit le serveur en fouillant dans une pochette noire sur le chariot qui servait à mettre les objets oubliés en sécurité avant de les amener à la réception.
Il lui tendit son téléphone. Le jeune homme le récupéra et sourit jusqu'aux oreilles. Un soulagement immense émana de lui, comme s'il allait recevoir une correction sévère s'il n'avait pas retrouvé son téléphone.
Merci, dit-il au serveur avant de s'en aller comme un courant d'air.
Juste avant de passer la porte pour sortir, il me regarda du coin de l'oeil (moi je ne l'avais pas lâché de vue depuis qu'il était entré, c'est-à-dire depuis moins d'une minute). Je vis ses yeux s'agrandir de surprise avant qu'il disparaisse. Il devait me connaître – ce ne serait pas si étonnant. Moi aussi, je le connaissais. Je l'avais déjà vu, lui et son groupe, tous les quatre souriant, dans Rock Your Life.

# Posté le samedi 26 janvier 2008 13:25

Moi Mika

Moi Mika
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III. Pour Cinq Minutes de Pause
Je me demandais tout de même comment, en étant une Rock Star, on pouvait avoir l'air si triste et si désemparé. Je n'avais jamais vu ça. J'avais déjà rencontré des artistes un peu perdu au succès récent, mais c'était parce qu'ils n'avaient pas encore l'habitude de toute cette pression autour d'eux. Mais ce garçon n'avait pas seulement l'air perdu. Il semblait aussi détruit.
- Mi', tu rêves? Me demanda Peter que je n'avais pas entendu rentrer dans le salon.
Je me rendis compte que je fixais bêtement la table où Bill avait oublié son téléphone portable, un croissant à la main.
- T'es pas malade?! Me demanda-t-il encore.
Je fit signe de la tête que non, puis m'attaquai au croissant. Un quart d'heure plus tard j'étais dans une salle de bar ouverte seulement le soir (mais c'était toujours là que les artistes rencontraient les journalistes dans la journée) en train de répondre aux questions barbantes de Rock Your Life.
La journée se passa exactement comme toutes les journées de conférence de presse (la moitié de la journée pour Rock Your Life et l'autre moitié pour six ou sept autres magazines). A la fin de la journée, dix neuf heures trente, j'étais fatigué et j'en avais marre. Je n'étais pas le seul.
Lorsque je remontais dans ma chambre, j'entendis des voix s'élever du salon privé. Ca criait, ça hurlait même très fort. Je reconnu la voix de Bill, aussi sanglotante que ce matin, qui à l'entendre essayait d'expliquer quelque chose à quelqu'un qui hurlait plus fort que lui. D'autres voix s'y mêlaient, hésitantes comme si elles craignaient l'homme qui criait le plus fort. Je ne pus m'empêcher d'aller écouter à côté de la porte.
- Cinq minutes de pause c'est cinq minutes de perdues! Hurla l'homme.
- Mais c'est fou de pas avoir le droit de prendre cinq minutes de pauses, merde à la fin! Cria Bill. On est pas des surhommes, on a aussi le droit de se reposer un peu!
- Votre emplois du temps ne vous le permet pas!
- Et bien allège notre emplois du temps! S'écria une autre première voix.
Impossible. Tout le monde vous réclame. Vous ne voudriez pas passer pour des petits malpolis en refusant les rendez-vous tout de même!
- Limite à ce niveau là je n'en ai rien à foutre de passer pour un malpolis, dit Bill. J'en ai marre! ON en a ras-le-bol. Tu peux comprendre ça ou t'es trop con pour-
J'entendis un bruit de giffle. Bill avait dû s'en prendre une belle. Mais ça ne l'empêcha pas de continuer:
- Le pire dans tout ça c'est que nous quatre, en tant que quatre personnes, t'en a rien à balancer. L'un de nous peu crever demain, tu pleureras pas pour lui, mais pour l'argent que tu ne gagneras plus! Cria Bill.
Nouvelle giffle.
- Va dans ta chambre. T'y resteras toute la soirée et tu descendras pas manger avec les autres ce soir. Tu mangeras tout seul dans ta chambre, dit l'homme avec un ton horriblement froid.
- Super. Je pourrais dormir et en plus je verrai pas ta sale tronche de-
Giffle.
- De CONNARD! T'es qu'un CONNARD! UN SAL PETIT EGOÏSTE QUI-
Quelques chose de plus gros qu'une giffle. Bruit de quelqu'un qui s'étale à terre en renversant des chaises.
- QUI PENSE QU'A TOI!
- Bill calme-toi, dit une autre voix, sinon ça va-
- Tu sais quoi? On te HAIT! On regrette bien le départ de David! Hurla Bill.
- Je n'y peux rien si David n'était pas assez stricte et assez ferme avec vous. Et je n'y peux rien non plus si vous ne supportez pas ce changement!
Il y eut des bruits de vêtements (Bill qui se relevait) et des pas martelant le sol. Bill sortit du salon sans me voir, le visage rubicond d'avoir essuyé tant de violence pour cinq minutes de pause. Un autre garçon habillé de vêtements dix fois trop large pour lui sortit en courant pour le rattraper (Tom, sans aucun doute). Deux autres, habillés plus sobrements, sortir à leur tour (Georg et Gustav). L'autre homme avec sa voix de monstre ne sortit pas.
Je soupirai un bon coup. J'avais l'impression d'être resté en apné un trop long moment.
Il y a des jours où je me plainds considérablement de Peter, mon manager. Maintenant, je me dis que Peter était un ange et qu'il ne me surchargeait pas du tout. Je pouvais demander cinq minutes de pause, voir même quinze minute, au moins...
Mais il fallait croire que les pauses, chez Tokio Hotel, n'existaient pas. Et leur manager semblait avoir ce mot en horreur.

# Posté le samedi 16 février 2008 13:35