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Chapitre 7 :Le groupe marche en direction de Montmartre. Bill trifouille son mouchoir dans ses narines. Rien à faire, le sang coule toujours, même si le débit a quelque peu régressé.
- T'as pas un autre mouchoir ? demande-t-il à Matt.
- Non tu viens de vider mes deux paquets... répond celui-ci.
Bill soupire. Le liquide rouge n'est plus retenu par le papier et coule sur ses lèvres. Il l'essuie avec ses doigts mais rien n'y fait. Il est rapidement taché de partout, comme un gamin qui vient de terminer son premier chef d'½uvre à la peinture à l'eau.
- Matt... soupire-t-il.
- Quoi ? dit-il en se tournant vers lui, ho... je vois.
Constatant l'ampleur des dégâts, il tapote l'épaule d'une élève marchant devant eux. Elle se retourne, sourie niaisement en voyant à qui il a à faire et demande d'une voix moqueuse:
- Qu'est ce que tu veux bibiche ?
- T'as pas un mouchoir s'il te plaît ?
L'élève fouille dans sa poche et au grand émerveillement de Matt, il en sort un paquet de mouchoir et lui en tend un.
- Merci, dit Matt en souriant à pleines dents, sans prêter attention aux autres qui se foutent de lui.
Il tend le mouchoir au pauvre Bill dont les mains sont si rouges qu'on dirait qu'il a revêtu les affreux gants de Matt. Il le remercie mais, évidemment, en moins d'une minute, le mouchoir est déjà saturé de sang. Alors Matt en redemande un à la même élève. Elle refouille dans sa poche et tend son poing fermé au blond, qui lui tend sa paume de main. L'élève lâche le contenu de son poing et c'est ainsi que Matt se retrouve avec un tampon dans la main, au grand bonheur de tous ceux qui l'encerclent et qui pouffent de rire. Le blond, furieux, lui renvoie le tampon à la figure. Malheureusement, il l'atteint dans l'½il. L'élève hurle de douleur. Forcément, les professeurs l'ont entendu et se presse d'accourir sur les lieus. Mais ce n'est pas la fille avec la main plaquée sur l'½il qui attire leur attention, mais plutôt Bill tout tâché de sang.
- Ho mon pauvre garçon qu'est ce qui t'es arrivé ?! S'exclame le professeur d'arts en commençant à chercher des mouchoirs dans ses poches, on t'a frappé ?!
- Ben en fait, heu... c'est que... et bien... bafouille Bill, non c'est le froid.
L'élève ayant reçut le tampon dans l'½il s'interpose et hurle :
- M'dame ! Il m'a lancé des trucs à la tronche le blond là !
- Oui, bon euh, plus tard Mlle Gaufreau. Vous ne voyez pas que je suis occupé ?
- Mais m'dame... !
- Taisez-vous et avancez avec les autres ! Crie-t-elle.
L'élève s'éloigne donc, déçut de ne pas avoir réussit à donner une heure ou deux de colle à Matt. Le professeur reporte son attention sur Bill. Elle trouve enfin des mouchoirs et les lui plaque à la figure. L'androgyne suffoque tellement le papier l'empêche de respirer. Le professeur le lui appuie sur le nez comme une hystérique.
- Laissez, c'est bon... je vais... me débrouiller tout seul... merci... parvient à dire Bill en mangeant à moitié le mouchoir.
Heureusement pour lui, le professeur recule et lui donne le paquet.
- Si t'as un problème, n'hésite pas revenir me voir, dit-elle.
Bill acquiesce d'un signe de tête et le professeur s'éloigne. Matt ne parvient plus à contenir ces rires. Bill lui lance un regard noir et il s'arrête rapidement. Puis ils reprennent le cour de l'excursion. Le stupide professeur n'a même pas vu la plaie sur la joue de Bill et a parfaitement cru à son mensonge.
C'est tout soufflant qu'ils arrivent au sommet de la butte. Le nez de Bill s'est arrêté de saigner. A peine débouchent-ils sur la place Montmartre que les artistes les assaillissent de demandes de portrait. N'ayant pas un sou en poche, les deux garçons sont contraints de refuser. Ils décident, avant d'aller visiter le Sacré C½ur, d'aller boire un coup dans un des petits pubs qui bordent les rues étroites et pavées. Ils se mettent à en chercher un pas trop chère. Bill est envoûté par la beauté des lieus. Ses yeux bougent sans cesse, ne voulant pas perdre une miette de ce fabuleux décor. Matt, comme d'habitude, rêvasse en sifflotant. Ils arrivent au bout d'une impasse, au fond de laquelle un petit balcon donne vue sur presque tout Paris. L'émerveillement des deux garçons est à son comble. Bill, romantique à souhait lorsqu'il s'y met, ne peu plus s'empêcher d'embrasser Matt. Il adosse doucement le blond sur la rambarde, caresse sa nuque d'une main et passe son autre main dans la mèche dorée qui voile tout un côté du visage de Matt. Ce dernier caresse le bas du dos de l'androgyne, sous son manteau. Malgré les basses températures, leurs corps s'échauffent rapidement. Bill capture les lèvres de Matt et leurs langues valsent ensemble. Tous deux oublient tous leurs soucient, ils oublient même dans quel endroit charismatique ils sont. Une fois de plus le temps s'est arrêté et c'est comme si seuls eux existaient, dans un néant noir maculé d'étoiles scintillantes. Aucun d'eux ne sait combien de temps le baiser à duré, mais, en rouvrant les yeux, ils s'aperçurent que quelques personnes les regardaient... attendrissement.
Pour une fois qu'on ne se moquait pas de leur acte, ils étaient limite reconnaissants. Matt s'est retourné, Bill s'est pressé contre son dos, entourant la taille du blond de ces mains. L'androgyne, tout en donnant de petits coups de dents dans la nuque de son ami, contemple la capitale de l'Amour. C'est cette ville qui les a réunit. Elle les a assemblé, comme on assemble un puzzle. Bill, en lui, pense que, s'il n'était jamais venu ici avec Matt, jamais ils n'en seraient arrivé tout deux là. Il ne regrette rien, tant pis pour sa popularité. Après tout... Matt est bien mieux. Et même si c'est différent, même s'il vogue vers l'inconnu les yeux fermés, même s'il touche à un sujet longtemps resté tabou et qui l'est d'ailleurs toujours un peu, il est heureux ainsi.
Mais Tom... Georg lui a rappelé Tom. Rien que le fait du nom qui résonne dans sa pensée, allant se cogner dans chaque recoin et y enfonçant ses pointes empoisonnées, meurtri Bill. Même s'il ne s'en rend pas compte, le poison l'abat un peu plus chaque jour. Mais qu'est ce que ce poison? La réponse, Bill ne veut pas l'entendre. Il est content avec. Plus il en a et mieux c'est. Une véritable drogue. Perverse. Vicieuse. Sans pitié. Invulnérable. Assassine.
Tom, il ne le verra jamais plus. C'est comme si Bill avait été coupé en deux. Le flux d'amour qu'il avait pour son frère découle de son corps et meurt emporté par le vent. Où est-ce le poison? Bill refuse d'y penser. Tom était celui qu'il n'a jamais le plus aimé. Toujours. Mais à jamais. Il doit l'oublier, s'y forcer. Tom n'est plus qu'un souvenir vague, très vague, flou dans l'écume, transparent comme une méduse. Mais un souvenir plus présent que la peur d'un requin. Seulement, il est rangé, au fin fond, en dessous des pensées, caché dans un tiroir à jamais verrouillé. La clef, perdue, doit rouiller en silence. Une longue plainte dans un océan sourd.
Mais tout de même, Tom occupe trop de place, son souvenir se bat dans le tiroir, mais il ne peut pas sortir. Il essaye, se fait mal, se torture, comme pour évoquer une prévention. Car Tom, de là haut, se doute et sait la suite. Il sait que ça va cogner, que ça va faire mal et que sa moitié brisée est en danger. Le poison le ronge, le grignote de l'intérieur, comme un puissant acide implacable brûlant tout sur son passage. Oui, l'essence va couler. Mais il ne le sait pas encore. Le brave Tom fait pourtant tout ce qu'il peut. Mais la seule chose capable de sauver son frère, il ne le peut pas. C'est revenir auprès de lui. C'est parlé dans ses oreilles. C'est le prévenir du danger. Et Tom force, il pousse l'esprit de Bill à l'écouter:
« Échappe-toi, là n'est pas ton destin, oublie tout ça. Enfuis-toi. Ta vie ne tient qu'à un fil, et il risque d'être coupé. Et tu t'en voudras toujours car tu ne l'auras pas vu. Ouvre tes yeux. Vois que tu n'es pas à ta place. Vois que tu es en danger. » Mais en vain. L'esprit de Bill est fermé et repousse toute pénétration d'âme. Sauf Matt.
Matt sait aussi que ça sera bientôt fini. Il voulait. Plus maintenant. Mais il doit. Elle, là-haut, l'y oblige. Et Elle est trop forte, Matt ne peut lui fermer son esprit. Pourtant, il force autant que Tom. Tom qu'il a trop bien connu. Tom qu'il... a aimé. Tom qu'il... a dû éliminer. A cause d'Elle et de son emprise. Elle resserre un peu plus ses liens épineux autour de son cerveau. Il ne l'a pas voulu. Jamais. Mais Elle l'a forcé. Elle l'a poussé à le faire. Et maintenant, elle lui demande de faire subir ce même sort à son frère. Qu'il aime plus qu'il n'a aimé Tom encore. Mais, Elle lui veut une mort plus lente, plus douloureuse, plus dévastatrice d'âme. Matt ne peut pas, ne peut plus. C'est trop dur. C'est trop affreux. Il veut hurler. Elle n'a pas le droit de lui dire qui aimer. A chaque fois, il aime une personne, et cette personne, il doit y renoncer... en la tuant.
Matt s'agite soudain. Il se retourne brusquement, repoussant violemment Bill de lui. L'androgyne constate qu'il pleure.
- Qu'est ce qui t'arrives? Demande-t-il.
- Rien, ne t'en préoccupe pas.
Bill revient vers lui pour l'enlacer, mais Matt le repousse une deuxième fois.
- Va t'en, dit-il.
- Quoi?! S'exclame Bill, surprit de cette réaction soudaine. Qu'est ce que t'as?
- Rien je te dis. Va t'en!
- Explique-toi merde!
- VA T'EN! Oublie-moi.
Bill fronce les sourcils. Mais il n'a pas le temps de répliquer. Matt le prend et le pousse en arrière. Il en vient à le claquer brutalement sur un mur poussiéreux. Il le baffe.
- Parce que t'es qu'une connerie, dit-il pour expliquer son geste.
Puis il l'embrasse plus passionnément et amoureusement qu'il n'a jamais embrassé. Il se retire.
- Et parce que je t'aime.
Il tourne les talons et, d'un pas précipité, il s'éloigne et disparaît dans la foule de la place Montmartre. Bill ne bouge pas, il ne respire à peine. Il ne comprend pas. Il ne réalise même pas. Pourquoi Matt a-t-il réagit soudainement de cette façon? C'est trop spontané.
Comme une violente claque, la réalité lui explose à la figure. Il glisse contre le mur, déchirant son manteau et son sac, et se retrouve assit par terre. Sa tristesse cascade de ses yeux, mouillant tout son visage. Il l'aime. Alors pourquoi? Pourquoi déjà? Pourquoi si vite? Pourquoi si mystérieusement? Il ramène ses genoux contre sa poitrine et enfouit sa tête entre les deux. Il voudrait hurler, comme pour signaler qu'il souffre. La première étape de la mise en garde de Tom vient de s'écouler. Il n'en reste plus que deux.
Dire qu'il pensait que ça allait durer. Il y croyait cette fois. Ça ne ressemblait pas à toutes ces relations passagères qui n'ont servis qu'à assouvir certaines envies. Ça n'était pas qu'une histoire de sexe. Il y croyait si fort, il y était si attaché, que perdre Matt, c'est aussi meurtrier qu'avoir perdu Tom, il y a exactement une semaine de cela, à quelques heures près.
Et trop, c'est trop. Ça déborde, ça jaillit même. Bill se relève, droit comme un piquet et se dirige vers le balcon où il se tenait avec Matt il y a encore quelques minutes. Il s'y penche et fixe avec avidité le vide. Longtemps il reste ainsi, comme s'il allait vomir sa douleur. Puis il se redresse, pose son pied sur le premier barreau de la rambarde et s'y hisse. Puis il grimpe sur le second. Il s'appuie sur le mur pour se maintenir en équilibre. Il monte sur le troisième. Puis le dernier. Il s'apprête à lâcher. Mais non. Il ne faut pas sauter la seconde étape. Il redescend avec la ferme intention de trouver Matt et de lui demander en quatre yeux pourquoi il lui a fait ça.
Il scrute la foule. Mais n'y voit rien. Il n'a même pas la force de chercher convenablement. Sa tête bourdonne, c'est comme une gigantesque parade noire, bourrée de pensées sombres. Chaque pas sur le pavé est un coup de tambour, chaque pas dans une flaque est un coup de cymbale. Chaque parole est une plainte, chaque regard est rancunier. Il arrive devant le Sacré C½ur. Beaucoup de monde admire le bâtiment blanc comme une immense colombe. C'est impossible d'y repérer quelqu'un. Il grimpe les marches blanches comme du lait, salit par la crasse des chaussures. Il entre. Sa tête bascule en arrière, toute seule. On lui tire les cheveux.
- T'es pas avec ta salope?
Georg, naturellement. Il le lâche, Bill se retourne, mais Georg s'est volatilisé. Tant mieux. Bill ressort, il trouve l'intérieur moche. Du haut palier, il essaye, parmis toutes ses têtes, d'y retrouver son blond. Mais il ne voit rien, sauf un amas de cheveux de bonnets flous. Les larmes embuent sa vue. Il descend quelques marches et s'assoit sur l'une d'elle, désespéré. Tout a éclaté, tout est déchiré, tout est à plat, mort et doit être enterré. Il faut qu'il l'oublie, encore plus vite qu'il n'a oublié Tom.
Mais... il est seul à présent. Seul, en tête à tête avec lui-même. Matt l'aurait-il pris pour un objet divertissant? La question ravage les pensées du jeune homme. Tant pis, il faut retrouver la clef du tiroir. Il faut qu'il reprenne contact avec l'esprit de son frère. Il tente, alors, de rebrancher l'antenne... sans trouver la prise de branchement.
Soudain, une tête blonde. Pas la bonne. Gustav se poste devant Bill, qui ne le voit pas perdu dans ces larmes.
- Ça n'a pas l'air d'aller fort.
Bill sursaute et redresse la tête pour voir qui lui parle. Gustav s'assoie à côté de lui.
- T'es pas avec Matt?
Bill secoue la tête en signe de désapprobation. Il ne regarde même pas Gustav, qui comprend bien ce qui se passe.
- Et je sais pas pourquoi, en plus, sanglote Bill.
Ses pleures redoublent d'intensité. Sans même s'en rendre compte, il tombe dans les bras de Gustav, qui le serre amicalement contre lui. Bill pleure à chaudes larmes, il se vide totalement de son eau.
- Gustav, j'en ai mart... Tom n'est plus là... j'vous ai abandonné pour Matt, et Matt m'a laissé seul maintenant.
- Depuis hier, c'était le grand amour avec Matt... non?
- Si...
- Tu veux pas m'en parler?
- Si je comprenais, ça serait tellement plus simple...
Bien qu'un peu étonné en lui-même par l'acte de Gustav qui le console, ce n'est pas ça qui retient le garçon de tenir une explication. C'est plutôt l'incompréhension qui gouverne ses pensées. Tout les deux restent donc silencieux, chacun dans son mystère.
Le vent se lève, emportant les larmes de l'androgyne et voilant de nuages le soleil. Un traître réapparaît.
- Gustav ?!
Georg, les yeux exorbités, regarde Bill dans les bras de Gustav, et Gustav qui frotte le dos de Bill.
- C'est pas parce que toi t'as banni Bill de ta vie que moi je dois le faire. Il reste mon ami, lance Gustav sur la défensive.
- Fais gaffe, il remonte ses filets... tu vas finir comme Tom... et l'autre PD il est pas là ? Tu l'as butté, Bill ?
Bill ne répond pas et tourne la tête contre l'épaule de Gustav.
- Mauviette ! Il n'ose même pas avouer ! Il est où le corps ?
- Georg, la ferme, rugit Gustav.
- Nan, lâche ce meurtrier.
- Georg, il n'a jamais tué personne, merde à la fin ! Même les flics l'ont prouvés !
- Les flics sont des enculés, tout comme lui.
Soudainement, Bill, sans vraiment bouger, a flanqué un coup de pied dans les jambes de Georg, en restant assit. Pris sur le fait, Georg n'a rien anticipé et est tombé en arrière, dégringolant les marches sur le dos. Il a crié. Au terme de sa longue chute, il ne s'est pas relevé.
- Bill bordel !
Gustav jette presque Bill de lui. Le garçon aussi surprit que Georg, n'a rien vu venir. Le geste brusque de Gustav l'a projeté sur le côté et son crâne a claqué contre la roche. Mais un peu trop fort pour un simple crâne d'humain. La vision de Bill est passée au noir, avant que son esprit ne se mette à divaguer...
'« Bip-bip »
Ca brûle. Que fait-il là, lui ? Ses dreadlocks mouillées lui retombe sur le visage. Il sourie, il a l'air heureux.
« Bip-bip »
Ca pique. Presque, nu, le corps bronzé, sain, il gambade dans cette prairie dont l'herbe est aussi verte qu'un émeraude. De grandes ailes blanches le propulse haut, vers la cime des arbres multicolores, dont les fruits, mûrs comme il le faut, ont l'air juteux à souhait. Il tourbillonne dans le ciel, fait quelques cabrioles aériennes.
« Bip-bip »
J'ai mal. Après un dernier looping, il redescend sur l'herbe, projetant des brins à cause de la puissance de ses ailes. Il atterrit avec élégance, accroupie. Il se relève et s'avance vers moi, toujours le sourire aux lèvres. Mais plus il se rapproche, plus son sourire agonise. Il finit par mourir.
« Bip-bip »
On doit être en train de me planter un clou dans la tête. L'ange n'est plus qu'à quelques centimètres de moi, laissant passage à la petite brise entre nos corps.
« Bip-bip »
Aïe ! L'ange se colle à moi, m'enlace, me caresse, m'embrasse même. Je ne sens rien, sauf la douleur qui me ravage la tête. Il murmure : « Je t'ai prévenu. Tu as une dernière chance de te sauver. Ne le cherche pas. Et surtout, n'essaye jamais de me rejoindre. Jamais. ».
« Bip-bip »
HA !'
Bill se redresse d'un coup, raide comme un mort, en hurlant. Il est trempé de sueur, son lit n'est que piscine nauséabonde. Des infirmières accourent, prennent son pouls, lui font avaler des calmants en plus du sachet de morphine qui se vide petit à petit dans ses veines. Ce qui ne fait pas grand effet d'ailleurs... Elles le forcent à se rallonger avant de repartir sous les bruits du cardiogramme.
Heureusement la douleur est vite masquée. Bill veut se lever. Un bruit de drap l'arrête alors qu'il sortait des siens. Il tourne la tête vers le bruit... et voit Georg. Il n'est pas mort c'est déjà ça. Bill a presque eu peur sur le coup, en ne le voyant pas se relever. Il balance ses draps au bout du lit et... et se rend compte qu'il est aussi nu qu'un ver. Il se regarde et a l'impression qu'il est encore plus maigre qu'avant. Il devrait s'affoler quant à son poids, ça risque de devenir dangereux. Mais il y a d'autres préoccupations, en ce moment.
Il va dans la salle de bain, après avoir détaché l'aiguille de morphine de son bras et décollé les récepteurs de sa poitrine. Il attrape une serviette et se douche. Rapidement, le mal revient et l'assomme. Il se dépêche de se décrasser, s'essuie et revient sur son lit avec la serviette nouée sur les hanches. Il replante l'aiguille sans se soucier du mal et se couche. Il se rendort rapidement...
' « Bip-bip »
Je ne sens toujours pas tout ce que l'ange me fait. Il pourrait empoigner mon c½ur et l'arracher, fumant, de ma poitrine, je ne sentirais même pas.
« Bip-bip »
Il se remet à parler : « Si tu veux t'en sortir, fait ce que je t'ai dis. Ne le cherche pas, où qu'il soit. Je sais, c'est dur. Pour parler d'autre chose, tu me manques. C'est bien beau ici, mais j'y suis seul. Je m'ennuie. » Pourtant, son visage trahit ses pensées.
« Bip-bip »
Je lui dis : « Alors je vais te retrouver toi... »
Il élève le ton : « Non ! Jamais ! Tu m'entends ? Jamais ! Reste là où tu es, loin de lui. »
J'exige des explications : « Mais pourquoi loin de lui ? Je l'aime... »
L'ange : « Bill... je ne suis resté que dix-sept ans avec toi. Ça m'a largement suffit pour te connaître un maximum. Je t'aime et je ne veux pas qu'un type comme lui te détruise comme il... »
La voix de l'ange meurt dans la brise. Je veux connaître la suite : « Comme quoi ?! »
« Bip-bip »
L'ange soupire : « Rien, ne t'approche plus de lui, c'est tout. » Et il s'envole après une dernière caresse sur ma joue.'
Bang ! Des vibrations parcourent tout le crâne de Bill. L'aiguille de morphine, mal replantée, n'agit pas. Enervé, les nerfs à fleur de peau, Bill se met à gigoter dans tous les sens, frappant le matelas des poings et des pieds. Georg bouge à côté, Bill s'arrête, soufflant, souffrant. Il tourne la tête : il se réveille. Bill a peur de lui maintenant. C'est sa faute s'il est là. Il se cache sous ses draps. Trop tard Georg a ouvert les yeux et l'a vu.
- Te planque pas... dit-il d'une voix faible, de toutes façons, j'aurai ta peau.
- C'est bon, je m'excuse, dit Bill en ressortant de dessous le drap.
- Tes excuses minables ne vont pas changer la face du monde, PD.
Bill soupire. Il a peur de la suite. Il aurait presque voulu décéder après son claquement. Il aurait dû sauter de la rambarde... Là, il va déguster.
La nuit surgit, la gueule ouverte à pleines dents. La tête de Bill le fait souffrir atrocement. Encore une fois il remue comme un poisson échoué sur son lit.
- Bordel t'as finis ton cirque ? J'essaye de dormir, rugit Georg d'entre les ténèbres de la chambre.
Bill n'a pas envie de s'arrêter, ça fait presque du bien. Il roule dans ses draps, sautille et finit par tomber.
- Putain !!! Hurle Georg.
Bill entend qu'il se lève et marche vers lui. Il veut partir, mais il n'arrive pas à dégager sa jambe enroulée serrée dans le drap. Il est contraint de rester assit là, près à encaisser le moindre coup. Un coup de pied dans les reins le frappe d'abord puis il est projeté contre le sol. Il fait attention à ne pas y claquer une nouvelle fois sa tête. Georg se jette sur lui comme un lion. Bill est écrasé sous le poids de sa puissante musculature. A côté de Georg, Bill n'est qu'un clou. Il le rue de coups. Bill n'en peu plus, il ne peu ni se dégager ni se défendre. Il va le tuer sur place s'il continue ainsi. Il donne plusieurs coups de reins, mais Georg ne bronche pas et continu à le frapper. Bill, de ses petits bras, tente de braquer quelques coups, mais ça ne sert à rien. Alors il utilise une arme que très peu de garçons possèdent : sa voix aiguë. Il hurle le plus fort qu'il peu. C'est pire qu'une fille, Georg est contraint de se boucher les oreilles car ses tympans lui font mal. Alors Bill se redresse et repousse Georg, il saute sur son lit avant que n'arrivent les infirmières.
Il fait semblant de s'être réveillé en sursaut, comme la dernière fois. Georg, quant à lui, personne ne sait ce qu'il fou au milieu de la chambre. Les infirmières rebranchent Bill et Georg, puis partent, sans se soucier de rien.
- Je te jure que, quand on sortira d'ici, tu vas pas sentir longtemps l'air de dehors... dit Georg, menaçant.
Les deux garçons sont transférés à l'hôpital de Leipzig. La famille de Georg et la tante de Bill viennent les voir. La veille de leur sortie d'hôpital, Bill angoisse un maximum. Il se tient à carreau depuis que Georg lui a dit ça.
Le jour j, a peine est-il rhabillé et a prit ses affaires qu'ils détallent à toutes jambes dans le couloir. Il dévale les escaliers du perron et cour jusqu'à la voiture de sa tante qui l'attend. Mais Georg le rattrape bien avant que Bill ne repère la voiture sur le parking. Mais au lieu de le mettre à terre et le cogner de toutes parts, il le traîne jusqu'à la voiture de sa mère à lui. Bill la connaît bien. Il ne sait pas si elle sait. Mais au lieu de se débattre comme un fou il suit Georg sagement. Il le fait entrer dans la voiture, Bill salut sa mère. A en juger par le ton qu'elle prend, elle ne sait pas que lui et Georg sont devenus les meilleurs ennemis du monde.
- Ca faisait longtemps que je ne t'avais pas vu Bill ! Tu vas mieux ?
- Oui, oui, ça va, répond-il en grimaçant.
- Il faut que je te raccompagne chez toi ? demande-t-elle.
- Ou...
- Non, je lui ai proposé de venir manger à la maison, coupe Georg.
- Ha, très bien !
Bill regarde Georg, sur le siège avant, dans le rétroviseur, celui-ci lui lance un regard pleinement pervers. L'androgyne s'attend au pire... Impossible de savoir ce que Georg a idée de lui faire endurer.
La voiture se gare devant la maison.
- Je vais aller au supermarché... parce que le frigo est un peu vide pour ce midi, à tout à l'heure les garçons !
Sous l'½il de la mère, les deux garçons entrent dans la maison. Aussitôt la porte refermée, le c½ur de Bill s'accélère encore plus. A peine fait-il un pas en arrière que Georg le chope et le force à le suivre dans sa chambre. Bill se débat, mais ses petits poings de font pas beaucoup de mal à Georg. Il le jette sur son lit et attrape... une chaîne et un cadenas. Bill tente de s'évader mais rien à faire, Georg s'est une fois de plus jeté sur lui et il ne peu plus bouger. Il attrape ses mains, les serre avec la chaîne qu'il attache aux barreaux du lit à l'aide du cadenas qu'il boucle. Il porte un grand coup de poing sur la tempe droite de Bill, qui arrête de gigoter aussitôt, sonné. L'androgyne respire à pleins poumons, la peur lui ravage l'esprit. Non... Georg n'est tout de même pas cruel à ce point pour lui faire subir ça !!?
Bill se remet à s'agiter et à remuer dans tous les sens, Georg lui porte un nouveau coup à la tempe. On peut distinctement entendre la respiration saccadée de Bill et le rire pervers de Georg. Ce dernier déboucle la ceinture de sa victime. Bill a comprit, il hurle, mais Georg est déterminé à lui faire subir la pire des sentences.
- Fait pas ça ! Hurle Bill, les larmes qui coulent des yeux.
- J'vais me gêner peut-être ?! Aboie Georg.
Il dégrafe son jean, puis retourne Bill sur le ventre, comme un pantin. Il abaisse son pantalon jusqu'aux genoux du garçon. Il fait de même avec le sien.
- Georg arrête, j't'en pris !
- Non, j'vais me faire un malin plaisir à te faire souffrir...
Bill tire sur sa chaîne, comme un chien sur sa laisse. Georg abaisse le boxer de Bill et le sien. Il s'approche. Bill hurle lors de la pénétration.
- ARRÊTE !
- Non, je commence à m'amuser !
Tout en le violant, il sort un canif de sa poche et grave des signes sur le dos de l'androgyne dont il a coupé le t-shirt. Puis il y va un peu plus fort. Le pauvre Bill sent qu'il y prend même du plaisir. Il arrête de crier, personne n'entend. Il ne peut que se laisser faire. Georg continu à graver des inscriptions dans son dos, sur ses flancs, sur ses fesses. Le sang vient tremper les draps. Bill faibli, la douleur le ravage, il perd trop de sang. Les larmes coulent à flots sur ses joues. C'est dans un dernier gémissement de souffrance qu'il part ailleurs. Même sa victime évanouit, Georg continue son crime...
Quand Bill reprend conscience, il est toujours sur le même lit, les bras tendus vers l'avant et encore attaché. Il est sur le ventre. Son pantalon est remonté, une serviette enveloppe son torse débarrassé de tout autres vêtements. Une horrible odeur flotte dans la pièce. Ces joues sont encore humides. Une nouvelle vague de larmes le submerge. Il a mal partout. Il veut se retourner, bouger, partir, s'enfuir. Mais les chaînes l'en empêchent. Mais, en se contorsionnant péniblement, il parvient à se mettre sur le dos. Les blessures se réveillent et sa douleur à la tête également. Il veut hurler mais... un gros scotch condamne ses lèvres. Il se met à gigoter, la peur l'envahit, il en gémit.
Une clef tourne dans une porte, qui s'ouvre, deux secondes plus tard, Georg se tient à quatre pattes au dessus de lui. Il lui arrache la serviette, qui frotte dangereusement les plaies. Il se retrouve torse nu, tremblant de froid et de peur.
- J'ai dis à ma mère que t'étais parti parce que tu ne te sentais pas bien. Ça va être marant, on va passer plein de bons moments ensemble, hein ? Ta tante va s'inquiéter, ça sera d'autant plus intéressant...
Il caresse les cheveux noirs de l'androgyne, comme pour prendre soin de son nouveau... jouet. Des perles de sueur froide naissent sur le front de Bill. Georg sourie étrangement. Bill le mordrait s'il le pouvait. Georg empoigne le visage de Bill par les joues, le forçant à le regarder droit dans les yeux.
- Tu vois, c'est le genre de petite ordure tel que toi qu'il faudrait éliminer. Mais je préfère te faire souffrir, c'est amusant. Il faut toujours un gagnant... et un perdant. Aujourd'hui tu as perdu, je fais de toi ce que je veux.
Bill le repousse faiblement avec ses jambes. S'il était plus fort il l'aurait envoyé au bout du lit. Georg attrape ses pieds nus, ressort son canif et y enfonce la lame à plusieurs endroits, pas trop profondément, juste assez pour faire mal. Il remonte et arrive aux abdominaux. Il y grave une dernière chose avant de s'en aller en claquant la porte. Bill redresse la tête et, même à l'envers, il parvient à lire : « Je suis une pute ».
Plusieurs longues heures il reste là, meurtrit et humilié, sachant que Georg n'a aucunement l'intention de le libérer. Le soir, Georg recommence son abominable crime.
Le lendemain matin, Quand Bill se réveille, il ne sait même plus quel jour on est. Il voit Georg assit sur le lit, attentant avec il ne sait quoi dans les mains. La faim et la soif torturent encore plus son corps. Le voyant se réveiller, Georg souri, s'approche de lui et retire le scotch de ses lèvres. Bill n'a pas le temps de crier, il lui enfourne du pain sec dans bouche, l'enfonçant dans sa gorge avec ses doigts. Bill, prit de hauts de c½ur, peine à avaler. Georg lui fait manger de force un deuxième bout, puis un dernier, qu'il fait passer en le faisant boire. Mais n'étant pas dans la bonne position, Bill n'arrive pas à avaler et recrache toute l'eau à la figure de son agresseur. Mécontent, il le baffe, remet le bout de scotch sur sa bouche et montre l'objet qu'il tenait en main il y a deux minutes : une cravache. Sa mère faisait du cheval avant...
Alors il a frappé Bill avec, sur la poitrine, sur les flancs, sur les abdominaux, sur l'aine mais aussi sur les cuisses et même la figure. A la fin, tout son corps se résumait à une simple chose : mutilation. Puis, encore une fois, il se retrouve seul ici. Il n'y a que Georg qui sait qu'il est là. Et sa tante ? Elle doit s'inquiéter comme jamais. Elle doit penser l'avoir perdu, lui aussi. Bill inonde une nouvelle fois le lit sal de son eau. Il est perdu...
Et Matt ? Il n'ose pas y penser. Il faut qu'il se concentre pour se sortir d'ici. Comment ? Attaché là, il ne peut rien atteindre. Une autre vague de désespoir monte dans sa poitrine. Alors, il tire sur ses bras, aussi fort qu'il le peut. Il pousse sur ses pieds, ondule comme un serpent et, épuisé et transpirant, il parvient à se mettre assit, dos aux barreaux du lit, les mains toujours attachées. Ses cheveux collent sur son visage brillant de larme et de sueur. Il regarde son corps mutilé, certaines coupures suppurent. Son jean est totalement foutu, mouillé de différentes substances, lacéré à coup de canif. Ses pieds... il gémit fortement en regardant son pied gauche : où est son petit orteil ?! Coupé... Il n'a même pas envie de le chercher des yeux. Son torse est pire qu'un champ venant d'être labouré, des coupures, des signes, des inscriptions, des dessins... et la fameuse phrase écrite en grand, qui ne partira probablement jamais. Son visage n'a pas grand-chose, juste quelques coups de cravaches... Seul son cou, ses bras et ses mains sont intacts.
Alors qu'il contemple avec lamentations son corps, il entend une voix de femme dans le couloir. La mère de Georg. La poignée tourne, mais la porte ne s'ouvre pas. Verrouillée.
- Georg, mon chéri, tu ne sais pas où sont les clefs de la chambre d'amis ? Papi et mamie viennent dormir ce soir ! Il faut que je fasse le lit !
- Laisse, je vais m'en charger !
- Tu es sûr ? Je peux le faire sinon !
- Non, non ! C'est bon, va faire ce que... tu as à faire, je m'en occupe.
- D'accord.
L'occasion en or. Il ne faut qu'il se loupe. Sa liberté, et même sa vie, est en jeu.
Cinq minutes plus tard, la clef clicote dans sa serrure et la porte s'ouvre. Georg entre.
- Va falloir déménager pour une nuit...
Bill est attentif à tous ces mouvements. Ces yeux suivent ces mains. Et lorsqu'il sort de sa poche la clef du cadenas, son c½ur s'emballe : la clef de sa liberté. Georg le bouscule sur le côté et déverrouille le cadenas. Il tient fermement les poignets de Bill mais, lorsque l'étreinte des chaînes se desserre, l'androgyne tire un grand coup sur ces bras. La sueur joue le rôle de lubrifiant. Il saute du lit, agile et souple comme une belette. Son secret ? La détermination. Cependant, il reste faible. Il est d'un côté du lit, dos à la fenêtre, Georg est de l'autre, dos à la porte.
- Et maintenant ?! Souri niaisement celui-ci.
Bill réfléchit à toute vitesse. Le lit les sépare. La porte est hors d'atteinte, Georg l'attraperait dans ces filets s'il tentait de s'y glisser. Alors, la dernière solution fût mise en vigueur. Dangereuse certes, mais elle peut peut-être marcher...
Il se retourne, prend de l'élan et PAF ! Saute dans la fenêtre, brisant la vitre en milliers de petits bouts de verre. Il fait une chute d'environ quatre mètres, tombant du premier étage, dans le jardin arrière. Il roule en heurtant le sol, évitant de ce faire trop mal. Pourtant, ses jambes ont du mal à tenir le choc. Il se relève, chancelant, titubant. Georg est déjà en train d'ouvrir la porte du jardin. Bill se met alors à courir, saute la petite clôture et s'enfonce dans la forêt, torse nu dans la gueule sans pitié de l'hiver.
Il court, à bout d'haleine, ses pieds le torturent, pas les coupures, mais le froid. En effet, il a neigé... Les branches s'accrochent à son jean, fouette son torse et son visage, les épines des ronces griffent ces bras nu. Il entend Georg derrière lui, il le rattrape. Mais il court, il tire sur ces dernières forces, l'instinct de survie l'aide aussi. Il veut s'en sortir. Si Georg le rattrape, là... il ne se contentera plus de le violer ni de le mutiler. Un gravier se plante dans son pied, Bill... n'hurle pas, il n'a même pas prit la peine encore de retirer le scotch. D'un coup de main il le déchire et peut s'aider de cette ouverture pour mieux respirer lors de sa course. Mais vient l'instant où toute source de force est épuisée. La main chaude de Georg se pose sur l'épaule de Bill. Et là, tout passe en un éclair, l'espoir comme la chute. Georg fait basculer Bill en arrière, qui tombe sur les fesses. Il continu de glisser sur la neige, le terrain est en pente. Mais Georg le retient et se jette sur lui. Bill, plaqué contre la neige, ne se retient plus de crier. Les oiseaux s'envolent en piaillant dans les cimes des arbres. Bill ressent une affreuse douleur aux abdominaux : Georg lui enfonce profondément le canif près du nombril. Mais là, c'est plus fort que lui. Il devient une vraie teigne. De ses longs ongles, il se met à triturer le visage de son agresseur, qui lui agite la lame dans la plaie. Bill griffe, déchire la peau du visage de Georg. Ça n'a pas vraiment d'effet. Alors, il en vient à la méthode radicale. Il dévie la main de Georg qui tente de l'arrêter – l'autre étant toujours en train d'enfoncer le canif dans ces intestins – et plante ses doigts dans son ½il. Georg lâche tout et il est comme propulsé en arrière. Il hurle, plaquant ses mains sur son ½il. Bill, libéré, retire le canif, ne prête aucune attention ni à la quantité de sang phénoménale qu'il perd, ni à Georg en train de pleurnicher. Il le laisse là et revient en courant tant qu'il le peut encore sur ces pas. Il arrive, par la gente volonté du hasard, devant le jardin de ces voisins. Alors, utilisant ces dernières forces, il monte sur le perron et sonne. Sa vision se brouille, ses membres l'abandonnent, la porte s'ouvre, un cri d'effroi retentit, il tombe dans des bras, contre un corps chaud et sa conscience quitte son corps brisé...