6. La promesse
Lui et sa mère rentrèrent à leur petite maison blanche. Tom ne fit pas attention aux remarques désobligeantes qu'on lui fit quand il passa devant le terrain de basket. Dès il passa le seuil de la porte, il couru dans sa chambre et s'enfouit sous sa couette. Il pleurait.
Il voulait l'entendre, il voulait le sentir près de lui. Ça lui faisait peur de ne pas comprendre pourquoi il l'aimait tant alors qu'il ne connaissait rien de lui. Et c'était un peu dure à accepter, le fait d'aimer un garçon. De plus, il avait l'impression de l'avoir blessé, à cause de l'intervention de sa mère. Il avait l'impression de lui avoir arraché les ailes. Il se sentait coupable et il s'en voulait. Il fallait qu'il s'excuse mais il faudrait attendre demain. C'était dure à supporter. D'autant plus que sa mère l'avait vu faire.
Il voulait recommencer, réessayer encore au moins une fois. Juste une seule et dernière fois. Il voulait encore l'embrasser. Et son odeur, il voulait encore la sentir, il voudrait la toucher du bout des doigts et l'enfermer. L'enfermer dans une boîte pour ne jamais l'oublier et ne jamais s'en séparer. Qu'est ce qu'il aimerait...
Mais plus que tout, il le voulait là, contre lui, sur lui. Il voulait s'excuser maintenant. Attendre ne ferait qu'amplifier la tristesse et la douleur qu'ils ressentaient tous les deux. Et ça, il ne supportait pas. Ça faisait trop... mal.
Il s'endormit sans manger, encore tout habillé, tout recroquevillé, comme un f½tus.
Le lendemain, sa mère le réveilla. Tom se dépêcha et parti le plus vite possible pour le collège, sans même dire bonne journée à sa mère.
Dès qu'il passa le portail d'entrée de la cour, il sentit tous les regards se poser sur lui et les rumeurs monter. Mais qu'en avait-il à faire, après tout? Il n'était pas là pour ça. Comme prévu, Alix était sous le préau, le pendentif ouvert dans les mains, le visages baissé vers les photos. L'ombre le cachait, mais Tom savait que c'était lui. Sans hésiter, il se dirigea vers lui. Il se posta devant lui, Alix ne releva pas la tête. Tom posa sa main sur son épaule et approcha son corps du sien. L'androgyne releva la tête et Tom pu voir que des larmes coulaient sur ses joues. Mais, à la vue de ce soleil dans l'ombre, ses lèvres s'étirèrent dans le plus lumineux des sourires. Il n'avait pas l'air de lui en vouloir plus que ça. Tom s'excusa quand même.
- Je suis navré, pour hier soir... j'aurai dû te mettre plus en confiance. Ça n'était que ma mère, tu sais. Mais elle ne devait pas s'attendre à me voir t'embrasser, c'est tout.
Alix souriait toujours et attirait Tom à se blottir contre lui. Ce dernier le laissa faire et respira l'odeur qu'il aimait tant.
- Ce n'est rien, tu sais. Mais elle m'a fait juste peur, ta mère. J'ai cru y voir la mienne... Mais ça ne se peut pas. Ma mère est... morte, tout comme mon frère. Je n'ai plus que mon père.
- Je suis désolé, murmura Tom, le visage dans son cou. Mon frère a disparu il y a longtemps et mon père nous a abandonné. Tu vois, on se ressemble.
- Oui, fit Alix en caressant ses cheveux.
Tom se serrait contre Alix appuyé contre le mur. Ce dernier lui caressait légèrement et souplement le dos et les côtes. Tom, lui, embrassait son cou, s'enivrant de son odeur. Il planait au dessus de l'océan, rasant le coton, le touchant du bout des doigts. Il touchait son bonheur. Les lèvres d'Alix cherchèrent celles de Tom et les capturèrent. Elles ne voulurent pas les relâcher, mais Tom se sentait pourtant le plus libre des garçons. Il aimait celui qu'il voulait. Il caressait ses formes, passant ses mains sous ses vêtements. Mais c'était un peu trop pour cet endroit si malfaisant.
- Eh les pouffes, on arrête ça! Vous savez, y'a les chiottes pour ce genre de trucs!
- Ouais! Hen v'là le pion!
Alix poussa Tom de lui. Si le pions les voyait, ils auraient pas mal d'ennuies, mieux valait contenir ses envies. Et repousser le désir à plus tard. De plus, la sonnerie retentit. Malgré qu'ils soient à deux, la journée promettait d'être longue. Mais, avant d'entrer dans le bâtiment, ils se firent une promesse qu'ils jurèrent de tenir, afin de l'accomplir ce soir. Ce soir, on était vendredi, alors il n'y aurait pas de coure demain. La nuit leur appartiendrait toute entière.


