Mao Boy!

Mao Boy!
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6. La promesse

Lui et sa mère rentrèrent à leur petite maison blanche. Tom ne fit pas attention aux remarques désobligeantes qu'on lui fit quand il passa devant le terrain de basket. Dès il passa le seuil de la porte, il couru dans sa chambre et s'enfouit sous sa couette. Il pleurait.
Il voulait l'entendre, il voulait le sentir près de lui. Ça lui faisait peur de ne pas comprendre pourquoi il l'aimait tant alors qu'il ne connaissait rien de lui. Et c'était un peu dure à accepter, le fait d'aimer un garçon. De plus, il avait l'impression de l'avoir blessé, à cause de l'intervention de sa mère. Il avait l'impression de lui avoir arraché les ailes. Il se sentait coupable et il s'en voulait. Il fallait qu'il s'excuse mais il faudrait attendre demain. C'était dure à supporter. D'autant plus que sa mère l'avait vu faire.
Il
voulait recommencer, réessayer encore au moins une fois. Juste une seule et dernière fois. Il voulait encore l'embrasser. Et son odeur, il voulait encore la sentir, il voudrait la toucher du bout des doigts et l'enfermer. L'enfermer dans une boîte pour ne jamais l'oublier et ne jamais s'en séparer. Qu'est ce qu'il aimerait...
Mais
plus que tout, il le voulait là, contre lui, sur lui. Il voulait s'excuser maintenant. Attendre ne ferait qu'amplifier la tristesse et la douleur qu'ils ressentaient tous les deux. Et ça, il ne supportait pas. Ça faisait trop... mal.
I
l s'endormit sans manger, encore tout habillé, tout recroquevillé, comme un f½tus.
Le l
endemain, sa mère le réveilla. Tom se dépêcha et parti le plus vite possible pour le collège, sans même dire bonne journée à sa mère.
Dès
qu'il passa le portail d'entrée de la cour, il sentit tous les regards se poser sur lui et les rumeurs monter. Mais qu'en avait-il à faire, après tout? Il n'était pas là pour ça. Comme prévu, Alix était sous le préau, le pendentif ouvert dans les mains, le visages baissé vers les photos. L'ombre le cachait, mais Tom savait que c'était lui. Sans hésiter, il se dirigea vers lui. Il se posta devant lui, Alix ne releva pas la tête. Tom posa sa main sur son épaule et approcha son corps du sien. L'androgyne releva la tête et Tom pu voir que des larmes coulaient sur ses joues. Mais, à la vue de ce soleil dans l'ombre, ses lèvres s'étirèrent dans le plus lumineux des sourires. Il n'avait pas l'air de lui en vouloir plus que ça. Tom s'excusa quand même.
- Je suis navré, pour hier soir... j'aurai dû te mettre plus en confiance. Ça n'était que ma mère, tu sais. Mais elle ne devait pas s'attendre à me voir t'embrasser, c'est tout.
Alix
souriait toujours et attirait Tom à se blottir contre lui. Ce dernier le laissa faire et respira l'odeur qu'il aimait tant.
-
Ce n'est rien, tu sais. Mais elle m'a fait juste peur, ta mère. J'ai cru y voir la mienne... Mais ça ne se peut pas. Ma mère est... morte, tout comme mon frère. Je n'ai plus que mon père.
- Je
suis désolé, murmura Tom, le visage dans son cou. Mon frère a disparu il y a longtemps et mon père nous a abandonné. Tu vois, on se ressemble.
- Oui
, fit Alix en caressant ses cheveux.
Tom se serrait contre Alix appuyé contre le mur. Ce dernier lui caressait légèrement et souplement le dos et les côtes. Tom, lui, embrassait son cou, s'enivrant de son odeur. Il planait au dessus de l'océan, rasant le coton, le touchant du bout des doigts. Il touchait son bonheur. Les lèvres d'Alix cherchèrent celles de Tom et les capturèrent. Elles ne voulurent pas les relâcher, mais Tom se sentait pourtant le plus libre des garçons. Il aimait celui qu'il voulait. Il caressait ses formes, passant ses mains sous ses vêtements. Mais c'était un peu trop pour cet endroit si malfaisant.
- Eh les pouffes, on arrête ça! Vous savez, y'a les chiottes pour ce genre de trucs!
- Ou
ais! Hen v'là le pion!
Alix
poussa Tom de lui. Si le pions les voyait, ils auraient pas mal d'ennuies, mieux valait contenir ses envies. Et repousser le désir à plus tard. De plus, la sonnerie retentit. Malgré qu'ils soient à deux, la journée promettait d'être longue. Mais, avant d'entrer dans le bâtiment, ils se firent une promesse qu'ils jurèrent de tenir, afin de l'accomplir ce soir. Ce soir, on était vendredi, alors il n'y aurait pas de coure demain. La nuit leur appartiendrait toute entière.

# Posted on Sunday, 06 May 2007 at 11:54 AM

Mao Boy!

Mao Boy!
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7. Mon frère est mort

Ça ntait certainement pas une bonne idée. Mais en tout cas, ils savaient que l'un avait autant souffert que l'autre. Mais Alix semblait secret et ne voulait pas se réler, pas même à Tom, comme si cela le tuerait. Mais pour l'instant, Tom se concentrait plus sur ce qu'il était en train de faire. Sur son lit, au dessus de lui, il lui enlevait son tee-shirt. Il découvrir une peau blanche et pure comme du lait. Alix souriait pendant que Tom l'explorait. Il le chatouillait, le pinçait, le mordillait, le chait. L'androgyne se laissait faire et riait comme deux. Il semblait si heureux, comme lorsqu'on retrouve quelqu'un qu'on pensait avoir perdu. Pourtant, ça avait été si rapide. C'est comme q'ils avaient été prévenu à l'avance, comme s'ils se connaissaient... depuis toujours. C'était étrange, mais tellement agréable. Ils se sentaient si proches.
A
lix tira sur le tee-shirt de Tom pour le retirer. Ce dernier s'allongea sur lui et Alix le caressait dans le dos, le cou et les cheveux. Ils dormiraient comme ça, enlacés, rêvant des même choses, sans rien dire, sans murmure, simplement en se respirant. Tom glissa sur le côté et Alix se serra contre lui, recroquevillé, le prenant dans les bras. Il voulait ne faire plus qu'un avec Tom, il voulait qu'il s'introduise en lui, dans son âme et son corps. Tom s'enroula autour de lui, comme un chat. Il chatouillait doucement les flancs d'Alix qui frémissait. Tous les deux venaient de plonger dans l'océan de nuages et nageaient à présent sous la surface des eaux. Leurs odeurs semblables se mélangeaient. Leurs esprits fusionnaient. Et ils s'endormirent les corps enlacés.
P
romesse tenue, promesse entendue. Cette ils allaient se rendre compte que l'un ne fonctionnait pas sans l'autre. Ils allaient se rendre compte qu'en fait, l'un n'était pas si inconnu de l'autre que ça. Cette pene claqua dans l'air comme un coup de revolver. Tous les deux se réveilrent en sursaut en me temps. Ils se regarrent, respirant bruyamment. Ce fût Tom qui parla le premier:
- U
n mensonge! Tout ça, c'était un mensonge!
-
Co... comment?! Mais Tom... ça ne se peut pas... mon fre est mort! Balbutia Alix.
-
C'était un mensonge! On t'a mentis! S'écria Tom.
-
Mais... Non!
-
Bill!
-
Non! Je ne suis pas Bill! Hurla Alix.
-
Si! Si, tu es Bill, mon frère, mon jumeau... dit Tom en se jeta au cou d'Alix.
- Tom tu te trompes! Je ne suis pas ton frère. Mon vrai frère est mort! Tout comme ma mère!
- Non, ma mère est la tienne! S'écria Tom en le caressant.
M
ais Alix le repoussait.
- Lâche-moi! Tu es fou! Cria-t-il.
- Mais non... Bill, je sais que c'est toi. Je... je ne me suis jamais sentis aussi heureux que depuis que je t'ai vu.
-
Non, ça ne se peu pas, tu n'es pas... tu n'es pas mon Tom.
-
Bien sûr que si. Ça crève les yeux.
-
Non, lâche-moi!
Tom agrippait Alix par la peau. Il n'allait pas laisser partir celui qu'il avait tant chercher. Il était persuader que c'était lui. Mais Alix ne voulait pas l'admettre... ou peut-être ne pouvait-il pas.

# Posted on Sunday, 06 May 2007 at 11:56 AM

Mao Boy!

Mao Boy!
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8. La fugue

C'était certainement de trop, la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Cette goutte d'eau salée glissa le long de la peau pure d'Alix, ou Bill. Tom le prit contre lui et caressait ses cheveux. Ils s'étaient retrouver, maintenant. Mais quelque chose en Bill refusait de lui faire admettre qu'il n'était pas Alix.
-
Tom... on ne peut pas... couina Bill.
-
Mais pourquoi? Pourquoi te retiens-tu?
- Pa
rce qu'il... il m'en défend.
- Qu
i est-il?
-
Un... un monstre assoiffé de peau jeune.
-
Comment ça? Précise-moi, révèle-moi tout depuis que tu es parti.
-
Je ne peux pas...
- B
ill, tu ne veux pas vivre ainsi toute ta vie?
- Non, mais...
- A
lors raconte-moi.
Bill so
upira. C'était dur à dévoiler. Il s'apprêta à révéler un passer criblé de coups...
- E
t bien, quand je suis partis parce que maman m'avait grondé, et que toi tu ne voulais pas m'écouter, je m'en suis allé loin. Un peu trop loin. Je ne savais même pas ce que je faisais. J'éprouvais tant de haine que je ne regardais pas où j'allais. Je ne voyais pas le temps passer, ni les aiguilles de ma montres tourner. J'étais trop en colère pour mesurer la gravité de ce que je faisais. De toutes évidences, je m'en étais allé trop loin de la maison, sans regarder mon chemin. Et c'est là que je me suis perdu. J'ai commencé à paniquer. Je n'avais que 8 ans, j'avais un peu peur de tout. Je pleurais parce que je me sentais vraiment nul d'avoir fais ça, c'était de ma faute. Et puis, je ne savais pas comment me sortir de cette situation. La nuit revêtait son plus sombre manteau. Il n'y avait pas de Lune ce jour-. Il n'y avait que du noir et de l'oubli. Je me suis alors assit le long de la route et j'ai attendu. A chaque seconde je regrettais un peu plus mon acte. Et puis, sortit de nulle-part, il y a eu cet homme. Mes yeux ne le voyaient que sous la forme d'une silhouette bougeant dans les ténèbres. Il m'avait proposé son aide. Et moi, désespéré et apeuré que j'étais, je l'avais suivis jusque chez lui, pensant qu'il me prêterait son téléphone pour que je puisse vous appeler. Mais non... Quand il est entrée dans sa grande maison au sol de marbre froid et qu'il a allumé la lumière, je crois n'avoir jamais eu aussi peur de ma vie. Cet homme était défiguré. Il était affreux, ne me supplie pas de le décrire, s'il te plaît. Mais il souriait pourtant. Il n'avait pas l'air si méchant. Et pourtant... il ne m'a plus jamais laissé repartir. Et c'était affreux Tom... il était... il était... pédophile. Et moi, j'étais là, j'étais seul avec ma naïveté et mon innocence, alors... ses envies, ses désirs ou même sa colère, il les passait sur moi sous différentes manières...
Tom écoutait Bill lui conter son histoire, le visage dans son cou perdu parmi ses longues dreadlocks. Il était horrifié, mais il le laissait parler.
- ..
. Et c'était vraiment affreux, tout ce qu'il m'a fait. Il m'a dit de vous oublier parce qu'il vous avait tué. Il vous avait tué parce qu'il était fou, enfin, c'est ce que je pensais, et qu'il ne voulait plus se parer de moi. Plus j'ai grandi et plus j'ai appris de choses sur cet abominable monstre. C'était autrefois un des meilleurs pilotes d'avion qu'il soit. Il avait combattu du côté des anglais, dans la Royal Air Force, pendant la Seconde Guerre Mondiale. Il avait une femme et un enfant qu'il aimait par dessus tout. Il affirmait que son désir de se battre et de s'en sortir était grandis par leur amour. Mais, lors d'un bombardement, alors que son avion décollait, il fut touché et défiguré par les flammes. Il fut hospitalisé et eut la permission de rentrer chez lui. Mais, à sa vue, sa femme et son enfant ont prit peur. Ça n'était plus lui, ça n'était pas le père et le mari qu'ils chérissaient tant. Alors ils sont partis, le laissant seul dans cette grande maison froide où tous les miroirs sont brisés. Et... c'est certainement le désespoir qui l'a fait agir ainsi, il m'a kidnappé. Il ne se sentait plus seul. C'est vrai, il avait l'air content que je sois toujours là. Il venait toujours me chercher à l'école, sous un voile islamique. Au fond, il ne pensait pas me faire du mal. Il voulait tant me garder qu'il changea mon nom et me renomma Alix, le nom de son fils. Et... ça doit être parce qu'il n'avait plus de femme, qu'il se servait de moi comme d'une double personne. Je préfère passer les détails, si tu vois ce que je veux dire...
-
Bill mais c'est affreux... chuchota Tom, les larmes aux yeux.
- Oui.
.. il était heureux et moi j'étais le plus malheureux de tous les petits garçons. Mais il pensait peut-être me faire plaisir, je ne sais pas... En tout cas, il a fait de moi ce que tu vois aujourd'hui: moi, Alix, 14 ans, garçon timide, renfermé, associable, froid et... homosexuel. Et quand... quand je t'ai vu, jeudi après midi, passer la porte du collège, je me disais que tu ressemblait fort à Tom. Mais tu étais cenêtre mort avec maman. Maman, je l'ai reconnu tout de suite, elle n'avait pas beaucoup changé, en 6 ans. Mais toi si, tu as grandis, tu as mûris, tu es devenu tellement beau! Je ne t'ai pas reconnu tout de suite. Ce n'est qu'après, dans la classe, quand je t'ai dévisagé et que tu regard a croisé le mien, que je me suis dis que c'était toi. Un fantôme de toi... je n'étais pas si sûr. Les années passées avec ce fou... elles avaient peut-être déteintes sur moi. J'étais peut-être fou, moi aussi. Mais quand tu es venu me parler, j'ai su que ça ne pouvais qu'être toi. Mais je refusais de l'admettre... Et puis, je ne sais pas, j'étais attiré par toi, physiquement... Et toi, tu m'as embrassé et maman est arrivée! Penses-tu... je pensais que j'hallucinais. Et puis me voilà ici, à pleurer dans tes cheveux, à te dire que je t'aimes malgré que tu sois mon frère. Tom... tu n'imagines même pas ma joie d'être avec toi, même si à l'instant présent, ça ne se voit pas tellement...
- Ce n'est pas le plus grave des problèmes. As-tu honte de m'aimer?
- Non, bien sûr que non, même si c'est étrange d'aimer son fre...
- Alors, où est le problème?
- C'e
st lui!
- Mais pourquoi?! Insista Tom.
-
C'est un monstre... Tom tu n'imagines pas tout ce qu'il m'a fait... quoique je fasse, il le sait! Je ne sais pas comment, mais il est au courant de mes moindres gestes! Il me fait si peur... J'ai essayé plusieurs fois de m'enfuir, il m'a toujours retrouvé. Il sait toujours où je suis. D'ailleurs, je sais que cette nuit, je vais chèrement la payer...

# Posted on Sunday, 06 May 2007 at 11:59 AM

Mao Boy!

Mao Boy!
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9. Compte à rebours

Bill serrait fort Tom dans ses bras, par peur qu'il s'envole une seconde fois. Maintenant qu'ils s'étaient retrou, ils ne se quitteraient plus jamais.
- Je te défendrai moi! S'écria Tom.
-
Mais comment? Toi et maman n'avez aucun droit sur moi! Je suis reconnu à la mairie comme le fils de ce monstre...
- Comment?! Mais c'est immonde de faire ça! Tu vas voir, demain matin, tu verras maman et elle fera quelque chose!
-
Mais je vais devoir retourner chez lui... je ne veux pas! Tom, je ne veux plus!
- Ne t'inquiète pas, je suis là, je ne le laisserais pas te me reprendre une deuxième fois!
-
Tom, tu ne peux pas imaginer un seul instant ce qu'il est capable de faire à ceux que j'ai osé me frotter...
- Quoi? Je ne te suis pas...
-
Je t'ai mis en danger Tom. s le levé du jour, il me cherchera. Et il trouvera la raison pour laquelle je suis partis. Et... il lliminera.
Tom trembla à ses mots. Mais qu'importe, il sauverait son frère de cet enfer. Même s'il y risquerait sa vie.
- En attendant... il n'est que deux heures du matin. On a le temps... chuchota Tom.
-
Le temps? Le temps de quoi faire? On ne peut pas prédire à l'avance comme il va réagir! Ça peu être rapide comme ça peu être lent et meurtrissant...
- Je ne parlais pas exactement de ça.
- Pardon?
T
om éloigna lentement Bill de lui et l'allongea dans un creux de la couette. Il se mit à califourchon sur lui et dit:
- Oublions ça un moment. Moi, je vais te montrer tout ce que j'ai appris durant ses années. Je t'avoue que c'est l'unique chose qui m'a branché... en dehors des bonbons peut-être! Mais, ce que les bonbons n'ont pas, c'est la capaci de faire oublier toutes pensées de l'esprit durant qu'on les mange. Faire l'amour... ça a plus d'effet, même si on se le fait tout seul.
-
Mais tu n'est pas tout seul, murmura l'androgyne.
Bill souriait. Tom enleva le reste de ses vêtements ainsi que les siens. Il caressait sensuellement son frère, sachant que ça pouvait être l'unique fois qu'ils le feront. Bill aussi caressait son jumeau, attirant son visage sur le sien pour l'embrasser. Oui, cette nuit serait la leur. Ils étaient partit et rien à par l'aube ne les arrêtera plus.

# Posted on Sunday, 06 May 2007 at 12:02 PM

Mao Boy!

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10. Cendres d'un héros

L'aube arriva bien trop vite. Le problème était qu'ils s'étaient épuisés à la tâche. Ils avaient un peu dormit, les corps enlacés, mais ça n'était pas assez.
La
vitre de la chambre de Tom se brisa soudain. Tous les deux se réveillèrent. Tom, sur Bill, se redressa d'un coup et constata: un monstre, oui, un monstre. Les lèvres en lambeau, ensanglantées, deux trous à la place du nez, un orbite vide, un crâne chauve déformé... il était immonde. Bill cria et se débattit sans que Tom en sache la raison. Il semblait avoir mal, très mal. Il hurlait à la mort sous la couette, gigotant dans tout les sens, se griffant, se tirant les cheveux. Son visage était crispé de douleur.
T
om restait là, impuissant. Il savait que c'était l'homme qui procurait cette souffrance à Bill.
- Mais
qu'est ce que vous lui faites?!
- Punixion.

De toutes év
idences, le monstre ne pouvait pas parler convenablement. Mais Tom comprit. Il comprit pourquoi avait si peur de cet homme.
- Arrêtez
enfin!
Il enf
ila rapidement un pantalon et sauta sur lui. Ses petits poings battaient son visage déjà défiguré. A côté, Bill hurlait toujours comme si on l'égorgeait. Tout à coup, Tom ne vit plus rien. Seulement du noir, un inquiétant noir. Puis dès lors, une douleur implacable le projeta sur le côté. Il se mit à se débattre, mais en vain. C'était comme si on l'épluchait de sa peau, comme si on triturait ses organes, comme si on découpait son cerveau. C'était intenable. Heureusement, ça ne durant pas longtemps. Tom recouvra vite la vision. Bill ne criait plus et gisait sur le lit sans donner signe de vie.
Tom
se jeta à nouveau sur l'homme, sa lampe de chevet à la main pour faire plus mal. Il n'hésitait pas à le mordre jusqu'au sang. Il lui ferait payer tout ce qu'il avait fait à son frère. Même s'il devait mourir. Il lui arracha son unique ½il. L'homme hurla. Bill se veilla, il eut le temps de crier:
- Tom! NO
N!
Mais c'éta
it déjà trop tard. L'½il tomba à terre. Il fixa Tom de sa pupille pâle. Tom le fixa un long moment, redoutant le pire. Et le pire arriva. Bill n'eut pas le temps d'écarter son jumeau du danger. L'¼il se mit soudainement à flotter dans les aires et, de sa pupille, il sortit un éclair blanc qui transperça le c½ur de Tom. Ce dernier cria, les yeux exorbités, la douleur étant telle qu'il ne la sentait pas. Il savait juste que c'était la fin. Il sentit Bill le serrer contre son petit corps chaud. Mais son souffle se coupa avant de lui dire qu'il l'aimait.
L
'¼il reprit tout seul sa place et l'homme se redressa. Bill regardait son jumeau mort dans ses bras. Des larmes brûlantes inondaient ses joues blanches. Il serrait le cadavre sans âme contre lui, caressant ses cheveux, embrassant ses lèvres froides. Il hurlait sa souffrance. A peine l'avait-il retrouvé qu'il fallait déjà se séparer. Bill tomba à terre en criant le nom de son jumeau. L'homme le regardait souffrir et tenir le corps de son frère mort contre lui. Le pauvre Bill hurlait jusqu'à ne plus avoir ni souffle ni voix. Pourquoi fallait-il déjà se quitter... alors qu'ils s'aimaient? Pourquoi la vie était-elle aussi cruelle? Bill serrait toujours Tom contre lui, embrassant son corps sans âme. Il le perdait une deuxième fois. Sauf que aujourd'hui, ça n'était pas un mensonge.
L'homme
prononça quelques mots et le corps de Tom s'éleva dans les aires et s'enflamma. Les cendres retombèrent mollement à terre. Bill, le visage trempé, regardait cette scène avec dégoût. Il passa sa main dans les cendres, puis l'homme lui tendit la main. Bill l'attrapa, n'ayant pas le choix, et se releva.
Ils
repartirent dans la grande maison froide, alors que le vent balayait les restes du frère tant aimé. Le cauchemar pouvait recommencer.

FIN

# Posted on Sunday, 06 May 2007 at 12:04 PM