Pour Ne Pas Cesser De Vivre

Pour Ne Pas Cesser De Vivre
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Pour Ne Pas Cesser De Vivre


T'es parti...

T
u t'es éteins... comme une flamme de bougie qu'on souffle doucement.

C'
est finis... je referme le livre de ta vie après avoir écris les dernière lignes. Dans le silence, je le range à la place d'honneur.

T'
es parti...

Dif
ficile à dire que tu ne parleras plus, que tu ne riras plus, que tu ne m'accompagneras plus. Je chanterai seul dans ma chambre sans ta guitare...

Tu
marches certainement sur ce long chemin, après la lumière pure, vers le royaume des Anges.

Au
terme de ta marche, des ailes te pousseront dans le dos et tu t'envoleras pour toujours.

A j
amais.

T'es parti...

M
aintenant, je suis seul. Seul avec moi-même. Je chante seul dans ma chambre. Je ne rie plus, je ne pleure plus, je ne rêve plus. Je ne vis plus. Comment fait-on tout cela, déjà ? Je ne me rappelle plus.

T
u savais tellement bien faire les choses, tes gestes en accord avec les miens. Maintenant que t'es plus là, je suis maladroit, je suis égoïste, je faute à chaque fois que j'en ai l'occasion. Je cède à toutes les tentations.

T
oi seul savais me guider, m'aider, me parler.

Mais t'es parti.

Al
ors, je chante seul. Je ne sais faire que chanter. Je chante pour toi, toi que j'aimais et que j'aimerai toujours.

Je
chante pour ne pas cesser de vivre.

Je
chante pour me faire croire à moi-même qu'en fait, tu es toujours là, à mes côtés. Je prends ta guitare, je m'assois sur ton lit et je joue un petit air. Et j'imagine que mon corps est le tien.

J'imagine que tes notes pleines de vie chantent encore et bercent ma vie.

J'ose croire que tu n'es pas parti. J'ose imaginer que ton corps frôle encore le mien dans ces instants d'intense complicité.

To
n fantôme hante la maison. Il hante ma pensée. J'ai peur de tout, sauf de ton souvenir.

J'a
urais tant voulu ne pas arriver à la fin de ton histoire. L'écrire me fait si mal. L'écrire m'est si fatal.
P
our oublier ma douleur, je chante. Guitare en main, je chante ta vie. Je chante parce que je t'aime. Et parce que je ne sais faire que chanter. Je chante pour ne pas cesser de vivre à mon tour.


FIN

# Posted on Monday, 07 May 2007 at 3:51 PM

Schizophrénie

Schizophrénie
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Schizophrénie



I. Crise

On entendit un long cri suivit du bruit de quelqu'un qui tombe à l'étage.
- Maman ça recommence ! Viens m'aider ! Hurla Tom, inquiet.
T
om grimpa les marches grinçantes quatre à quatre, sa mère sur les talons. Le cri se transformait en hurlement de plus en plus effrayant.
L
e jeune dreadé ouvrit la porte de la chambre à la volée. Son frère était agenouillé face au mur, en pyjama, les cheveux en bataille, griffant le mur comme s'il voulait y creuser un trou. Il essayait aussi avec les dents, se les cassant. Des marques de sang aux ongles qui se cassent dessinaient de longues griffures sur le mur.
Bi
ll tourna un visage possédé vers les deux intrus :
-
SORTEZ ! SORTEZ ! LAISSEZ-MOI ! Hurla-t-il.
Ses
yeux étaient noirs tant ses pupilles étaient dilatées. Son visage étaitformé par la haine et la rage. Il se jeta sur le mur et frappa si fort du poing qu'on entendit craquer les os.
-
LAISSEZ-MOI !
T
om et sare avaient toujours pensé que ces ordres étaient pour eux, mais il n'en était absolument rien.
- JE NE VEUX PAS ! JE NE VEUX PAS !
I
l tomba à terre et commença à se débattre dans le vide. Tom se jeta sur lui pour le calmer, mais il savait que ça n'avait aucun effet. Il espérait simplement l'épargner de certaines blessures comme la fracture du crâne. Dans ses débats, Bill se cognait partout, mais ne semblait jamais rien sentir.
- ARRÊTEZ ! ARRÊTEZ ! PARTEZ !
To
m en prenait plein la figure, même avec l'aide de sa maman. Bill lui avait déjà casplusieurs fois les côtes, mais ainsi Tom évitait des blessures plus graves à son jumeau.
Bill hurla encore et encore, pendant plus de dix minutes sans jamais fatiguer. Ses ongles arrachaient la moquette de sa chambre, ses dents mordaient les doigts de Tom ou de sare. Et puis soudain son dos se courba en arrière, dans des craquements. C'était presque irréel. Sa colonne vertébrale se cambrait pour former un angle de quatre-vingt-dix degrés. Ses doigts aussi se crispèrent, comme des griffes acés. Il arrêta de crier, même de bouger. Tous ses membres étaient maintenant figés et ses yeux s'étaient retournés.
- C
'est fini, dit Tom, essoufflé.
-
Oui, dit sa mère. Je vais appeler le médecin pour qu'il le consulte. J'espère qu'il ne s'est pas encore brisé quelque chose.
E
lle était en larme. Elle se leva et quitta la pièce en s'essuyant les yeux. Tom resta à genoux sur la moquette, son frère immobile devant lui. Il ne le regardait pas, le regard perdu dans le vide. Ça se terminait toujours comme ça : lui restait ici avec Bill raide comme un mort sur les bras et sa maman courrait appeler le médecin.
C'
était la septième fois que ce genre de crise arrivait. A chaque fois, Bill semblait ne plus être lui, comme s'il était possédé. Tom, à se moment précis, avant la visite du médecin, se rappelait l'instant la schizophrénie de son frère avait commencée...

# Posted on Friday, 18 May 2007 at 2:38 PM

Schizophrénie

Schizophrénie
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II. Première Fois

C'était lors d'un concert, il y a un peu plus de trois semaines. Bill chantait, épanouit, sur son nuage comme lors de chaque prestation. Tom était à peu ps dans le me type dtat, n'ayant plus les pieds sur terre, voguant au dessus des nuages les plus hauts. Gustav et Georg aussi. Tout se passait comme d'ordinaire : les fans hurlaient leurs noms, pleuraient, montraient des pancartes douteuses, riaient ou dansaient. Leur son résonnait dans toute la salle, dominés par la voix fluette de Bill. Il faisait chaud, comme toujours.
Bi
ll soit sautait, soit se dandinait – en prétendant qu'en faisant cela il dansait. Mais ce soir , il y eut comme un coup de tonnerre. Ce fût net, rapide et terrifiant. Bill avait arrêté de chanter soudainement, regardant droit devant lui. Les musiciens le regardaient, arrêtant un à un de jouer. Les doigts de Bill se crispèrent sur le micro qui se mit à siffler. Et puis ses yeux devinrent noirs, la folie dilatant ses pupilles.
-
Bill ? Fit Tom qui avait posé sa guitare à terre pour venir près de lui.
B
ill ne réagit pas tout de suite. Sa tête tourna lentement, très lentement, vers son jumeau. Et ses yeux se retournèrent, ne psentant plus que du blanc. Sa te tomba en arrière et il se mit à hurler dans le micro.
- VOUS ÊTES QUI ?! LAISSEZ-MOI ! ALLEZ VOUS-EN ! HAAAAAA !
Tom recula d'un pas, effrayé. Georg vînt le rejoindre, suivit de Gustav.
-
Bill qu'est ce qui te prends ?! S'exclama Georg.
Bill, qui n'était plus maître de son corps, lui envoya un coup de poing majestueux avant de tomber à genou, la te vers le plafond, hurlant à la mort, s'arrachant les cordes vocales comme s'il voulait les cracher. Il se mit à frapper le sol, à se griffer la peau du cou et de la poitrine, arrachant son tee-shirt. Les fans étaient quant à eux silencieux. Certains quittaient la salle en pleurant pour crier leur horreur dehors.
Tom le prit par les épaules, mais rien n'y faisait. Bill était comme incontrôlable. Ses grands gestes brusques venaient cogner tout ce qu'il trouvait, de ses propres amis aux vigiles qui montaient par vague sur le stage. Ses cris redoublaient d'intensité et de haine. Il fallu une dizaine de gros bras pour le maîtriser, le plaquant ainsi contre le sol. Tous ses membres tremblaient incroyablement et les vigiles eurent du mal à ne pas se faire mordre ou prendre un coup de pied. Et puis, un quart d'heure après le début de cette étrange crise, il se cambra, se cambra, cambra... pour terminer plié comme une équerre. Tous ses membres se crispèrent et il ne bougea plus un pouce, comme mort.
Tout le monde se regardait sans comprendre. Certains savaient peut-être, d'autres étaient terrifiés par l'ignorance, tout comme les deux amis et le frère de Bill. Déjà, on avait appelé les pompiers, et la sirène de l'ambulance retentissait au coin de la rue. Tout était calme à psent, silencieux, comme s'il ne fallait pas veiller la folie de Bill...

# Posted on Friday, 18 May 2007 at 2:40 PM

Schizophrénie

Schizophrénie
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III. Hantise

Et là, il venait de se produire la septme crise depuis ce fameux concert. Il n'y avait pas un bruit dans la chambre, sauf la respiration saccadée de Tom. Et aussi de tout petits, minuscules, presque inaudibles chuchotements sortant d'entre les vres de Bill :
- 1, 2, 3, 4, 5, 6... 1, 2, 3, 4, 5, 6... 1, 2, 3, 4, 5, 6.
Toujours ces trois énumérations de chiffres, ne dépassant jamais 6, formant le nombre 666, symbole du Diable. Tom avait découvert cela il n'y a pas si longtemps, lors de la cinquième crise de son frère. Et ensuite, toujours après ces chiffres, Bill murmurait un peu plus fort :
- Le péché est en toi. Le péché te combat. Le péc te vaincra... Le péché est en toi. Le péché te combat. Le pécte vaincra...
I
l disait cela sur une intonation de moins en moins forte jusquse taire complètement. Puis son corps se détendait et il semblait dormir.
Tom
essuyait les lèvres égratignées et ensanglantées de son jumeau, puis entreprit de le recoucher, puis d'aller chercher du désinfectant pour ses ongles. Ensuite il pensait le bout de ses doigts et attendait, assit près de l'oreiller où reposait la tête de Bill. Le corps de ce dernier maigrissait, car il ne mangeait plus du tout. Tout ce qu'il avait man depuis sa première crise, ctait le chat du voisin, car le chat est symbole de Satan. Tom réussissait parfois à lui faire avaler une ou deux cuillères de céréales ou bouchées de pain.
Tom trouvait ça étrange, toutes ces hallucinations au Diable et au péché originel. Il avait cherché durant des nuits ce que ça pouvait être. Il se retournait dans son lit, sans trouver le sommeil, cherchant ce qui pouvait bien se produire dans la tête de son jumeau. Le médecin et les spécialistes étaient tous d'accord pour affirmer que Bill venait de velopper une forme de schizophnie, mais Tom savait qu'il y avait autre chose.
- P
om pom pom, tombent les Pommes, chantonnait parfois Bill dans son sommeil.
T
om savait encore une fois qu'il faisait allusion au Jardin d'Eden, à Adam et Eve, au fruit interdit donc au péché originel. Mais pourquoi ? Cette question lui ravageait l'esprit.
Parfois il se levait et allait voir dans la chambre de son jumeau. La plupart du temps celui-ci ne dormait pas, regardant le plafond. Il disait y voir des « Choses ». Il appelait ça « Choses » parce que ça n'avait pas de forme particulre. Ça ressemblait à un nuage de fumée noir prenant parfois la forme d'une fauche. Tom se glissait dans le lit de Bill, lui prenant la main, et tentait de voir ces nuages morbides. Mais rien à part le plafond ne se dessinait devant ses yeux.
A
chaque fois que Tom venait dormir avec son frère, celui-ci se cachait contre lui, les mains devant les yeux, en chuchotant :
- J'ai peur.
I
l ne savait pas dire de quoi il avait peur et Tom essayait de savoir. Il fallait qu'il sache pour avoir une chance de guérir son jumeau. Il fallait bien sûr qu'il y ait un moyen de guérison. Mais Tom ne baissait pas les bras : il y arriverait, il trouverait ce qui hante les pensées de son jumeau.

# Posted on Friday, 18 May 2007 at 2:42 PM

Schizophrénie

Schizophrénie
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IV. Rêve révélateur

Des fois, lors des nuits passées en compagnie de son jumeau, Bill avait si peu, bien qu'il soit là, et se crispait, se crispait, crispait... si fort qu'il enfonçait ses ongles cassés dans la peau de Tom. Mais celui-ci ne disait rien, sauf :
- Bil
l, ça va ?
E
t Bill, étrangement calme, répondait en murmurant :
- J'ai peur.
Il ét
ait calme, trop calme. Tom ne comprenait pas cette sérénité. Ce n'était certainement que le murmure d'une peur sans nom... Sans nom parce qu'elle n'existait seulement qu'en son frère.
Et
le matin, Bill était toujours dans la même position crispée, les ongles toujours enfoncés dans la peau de Tom. Le pyjama de celui-ci était d'ailleurs souvent taché de rouge. Mais ça lui importait, tout ce qu'il voulait, c'est que Bill redevienne comme avant. Il ne supportait plus de le voir ainsi, comme un fantôme de l'ancien frère qu'il avait. Il pleurait souvent, de plus en plus fréquemment.
Ce lendemain, Bill lui raconta son rêve :
- J'é
tais dans une église. Il n'y avait que moi et le bruit de mes chaussures qui claquaient sur le sol. Il faisait noir mais la lune était là. Mais je croit qu'elle brûlait, parce qu'elle était jaune comme le soleil, et ses rayons étaient dorés. Toutes les croix de l'église étaient retournées. Et, sur les tableaux et les vitraux, Marie et les Anges pleuraient des larmes noires.
Les cr
ois renversées étaient encore un symbole du Diable. La lune qui brûle ntait rien d'autre qu'un signe annonçant un sacrifice, par le feu certainement. Et les larmes noires s'écoulant des yeux des Saints n'étaient que signe de possession du Diable.
Tout se rapportait au Diable. Mais Tom ne voulait pas se dire que le Démon hantait son frère, il cherchait partout des causes évitant cette suggestion. Mais au fond, il savait...
A
ujourd'hui, alors que Tom était en train de sécher Bill sortant du bain dans une grande serviette moelleuse, celui-ci eut une nouvelle crise. La mère des jumeaux n'était pas là.
Il n'hurla pas tout de suite, comme il le faisait d'ordinaire. Mais ses yeux étaient noirs, alors Tom avait compris que Bill entrait dans une nouvelle crise. Ce dernier déchira la serviette en deux avec des mains et ses dents. Puis il alla se claquer contre le mur, comme s'il voulait l'enfoncer, le détruire, pour sortir. Tom le saisit et le positionna au milieu de la pièce comme il le pu. Bill lui arrachait les cheveux, lui griffait à sang le visage, voulait lui crever les yeux.
-
ARRÊTEZ ! JE NE VEUX PAS !
Tom se
mit à califourchon sur la poitrine de son frère en lui relevant les bras, pour ainsi l'oppresser et donc le calmer. Mais cela ne faisait rien d'autre que l'empêcher de bouger. Il n'y avait plus qu'à attendre que la crise passe. Le visage de Bill était si haineux, si transformé par la peu et la douleur, que Tom avait peur. Il y voyait à même le Démon.
Cepend
ant, la crise ne se passa pas comme les précédentes, comme Tom l'espérait.
- A L'AI
DE ! ADEZ-MOI ! NON, NE ME TOUCHEZ PAS !
La poss
ession évolua lors de cette crise...

# Posted on Friday, 18 May 2007 at 2:45 PM