Schizophrénie

Schizophrénie
.

V. Evolution de la possession

Tom attendait simplement que ça passe, essayant d'immobiliser Bill. Mais cette fois-ci, se fût totalement impossible. Le Démon en Bill semblait plus fort, plus puissant qu'avant, exerçant une emprise supérieure par rapport aux précédentes crises.
Bi
ll se déchaînait plus que jamais. Il hurlait plus fort encore qu'avant. Il envoya Tom contre la baignoire.
- LAISSEZ-MOI !
Et là, il assista à une scène à la fois terrifiante et surprenante : Bill luttant contre lui-même. Il se frappait la tête comme s'il voulait l'enfoncer, tout en hurlant. Puis, comme ça ne faisait pas partir le Démon, il saisit sa mâchoire inférieure à deux mains et tira vers le bas comme s'il voulait la décrocher. Mais en même temps, le Démon lui faisait remonter la mâchoire, alors Bill ne faisait que se transpercer les doigts avec ses dents cassées. Du sang vînt couler sur son menton et le long de son cou. Il ressemblait à un cannibale.
-
PARTEZ ! LAISSEZ-MOI TRANQUILE !
I
l alla se claquer contre le mur sur lequel il se déchira le bout des doigts une fois de plus, zébrant le carrelage de traces de sang. Tom se précipita une nouvelle fois sur lui avant qu'il ne se casse encore un peu plus les dents et tira ses bras en arrière, l'empêchant ainsi de faire le moindre geste. Mais Bill courba le dos, comme à la fin de chaque crise. Tom pensa que c'était fini, se préparant à souffler. Mais non. Bill lui croqua le ventre, lui arrachant une bonne parcelle de peau. Tom le lâcha et tomba à la renverse, les mains sur sa blessure ensanglantée. Bill quant à lui se redressa, se griffa tout le corps à sang et sortit de la salle de bain, toujours nu, toujours hurlant.
To
m se releva et se traîna en suivant les traces de griffures rouges aux murs. Il tenait une serviette sur son ventre pour tenter d'arrêter l'hémorragie. Il traversa le couloir, puis les marques le menèrent aux escaliers. Là, il trouva Bill en bas, allongé sur le côté, son dos courbée, les mains crispées dans la bouche. Ses jambes étaient encore sur les marches, il avait dû tomber à la renverse. Il ne bougeait plus du tout, ses yeux étaient tout blancs. C'était fini. Ou presque. Tom ne descendit pas à toute vitesse pour aller voir si Bill ne c'était pas cassé quelque chose en tombant. Il était trop terrifié pour ça.
B
ill pleurait des larmes noires. Les photos du salon, représentant la famille Kaulitz ou ses amis, pleuraient en noir. La photo, sur le petit meuble à côté de la télévision, représentant Bill en aube lors de sa communion, n'était plus tout à fait la même : la croix en bois que Bill portait autour du cou était retourné et bien sûr des larmes noires s'échappaient de son regard.
Et, au-dessus de Bill, un petit nuage de fumée noire se compactait pour former une fauche. Tout ça, Tom ne l'avait jamais vu, ça ne s'était manifesté uniquement dans les rêves de Bill.
To
ut doucement, il descendit, le c½ur battant à tout rompre. Il s'approcha de Bill, toujours inerte, et lorsqu'il posa une main sur son visage déchiré, le nuage s'estompa et les larmes noires s'envolèrent.

# Posted on Sunday, 20 May 2007 at 9:48 AM

Schizophrénie

Schizophrénie
.

VI. Les fruits

Tom secoua Bill légèrement. Aucune réaction mais à la limite, c'était normal. Tenant sa serviette contre son ventre d'une main, il passa son index sous les narines de son jumeau, essayant d'y sentir un souffle. Il y en avait un, Dieu soit loué, mais il était infime, presque mort, agonisant. Près à quitter le sol pour s'enfuir avec ce Démon.
Tom passa ses doigts sur les paupres de son frère, pour les refermer, comme on ferme les yeux d'un mort. Puis ses doigts s'attardèrent sur ses joues charcutées. Il avait fait très fort lors de cette crise, il ne s'était jamais griffé autant. Tout son corps était ainsi. Tom ne savait pas si Bill en était volontaire, s'il faisait cela pour dévier la douleur mentale ; ou bien si c'était le Démon qui le punissait encore et encore. De toutes façons, que pouvait-il faire, à part regarder et attendre que ça passe ? Il fallait qu'il sorte son frère de là, il fallait, c'était son devoir, sa mission, son obligation. S'il échouait il s'en voudrait. Il aimait tant son jumeau. Le fait qu'il ne soit plus vraiment là le déchirait constamment en deux. Il manquait quelque chose. Il manquait son âme, complétant la sienne, ce qui l'évitait ainsi de faire des exs. Depuis que Bill était en possession du Démon, Tom n'était plus lui. Il n'était d'ailleurs plus rien. Il se sentait minable et coupable de tout ; petit et faible sur tout ; il sentait qu'il déposait soigneusement, sans salir, un pied dans la tombe. Il se perdait lui-même dans la folie de son jumeau. Il y pensait jour et nuit, ne dormant pas, cherchant et cherchant ; cherchant pour trouver des réponses à toutes ses questions. Il fallait qu'il sache pourquoi, pourquoi Bill, pourquoi tant de douleur, pourquoi tant de haine. Pourquoi tout simplement.
Tom couvrit du regard le corps pleinement mutide son frère. Ça lui faisait mal, intérieurement, ça le détruisait. Toutes ses blessures... tout ce sang versé... tant de haine expédiée... tant de mal accomplit... tant de tristesse causée... Pourquoi...
Tom
ne sentit pas venir ses larmes. Il les renia, cette fois. Il ne fallait plus fondre comme une bougie en proie aux flammes. Il fallait résister. Il prit son frère crispé dans ses bras, veillant à ne pas le blesser d'avantage. Il l'emballa dans la serviette qu'il avait. Son propre sang coula à terre, allant rejoindre et s'unir à celui de son jumeau. Puis il le monta dans sa chambre, l'allongea sur son lit, prit soin de ses nombreuses plaies et, comme à chaque fois, attendit, assit à té de lui, sans un bruit. Bill se contracta, puis sembla dormir comme à chaque fois.
- 1, 2, 3, 4, 5, 6... 1, 2, 3, 4, 5, 6... 1, 2, 3, 4, 5, 6. Quand les pommes tomberont les météores s'abattront, murmura-t-il. Le péché est en toi. Le péché est en moi. Le péché nous combat. Le péché nous vaincra.
T
om en frissonna. Le Démon ne s'adressait plus seulement à Bill, il s'adressait à présent à lui-même. Pourquoi ?
Trop de pourquoi. Pourquoi tant de pourquoi ? Il fallait savoir. Tom quitta la chambre d'un pas déterminé. Il sortirait son jumeau de cette emprise, ou lui-même finirait posséder. C'était clairement le message que venait de dire le Démon de part le murmure de Bill.

# Posted on Sunday, 20 May 2007 at 9:50 AM

Schizophrénie

Schizophrénie
.

VII. Avertissement

Tom se rendit à la bibliothèque en métro. Il n'osait pas regarder les visages des personnes qui l'entouraient, mais lui-même ne savait pas pourquoi. Vers quatorze heures, il entra dans le grand bâtiment public aux étagères immenses, touchant le plafond. Il se dirigea d'un pas déterminé vers les ouvrages d'antéchrist. Il trouva rapidement ce qu'il cherchait, à savoir un bouquin intitulé Possession Diabolique. Et si il avait trouvé facilement ce bouquin, il se perdit dans les nombreuses pages de ce livre qui parlait de dizaines de types de possessions différentes. Il n'y connaissait rien, seulement celle de son frère, mais ne savait pas son nom. De plus lemon séjournant en Bill n'avait pas encore montré toutes ces facettes. Il était donc impossible à Tom de déterminer le Démon qui possédait le corps de son jumeau.
Il soupira, s'affalant sur un banc après avoir feuilleté plus de dix livres. Sa tête bourdonnait et ses yeux se fermaient tout seuls. Ça faisait bien deux heures qu'il était dans cette bibliothèque. Il se sentait fatigué, mais animé par la rage de savoir pour guérir. Dehors, le temps stait métamorphosé à l'orage et les éclaires zébraient le ciel. La pluie tambourinait sur les vitres.
T
om se releva, puis continua ses recherches. Il tomba presque d'extase quand il trouva un Manuel d'Exorcisme. Il savait à peine ce que ça voulait dire, mais il savait que ça avait rapport avec les possessions. Il tendit la main pour le saisir, mais un éclair violent retentit comme un avertissement, et il y eut une coupure de courant. Toute la grande salle fût plongée dans la pénombre. Les nuages étant noirs comme jamais, déchaînés par la colère des Dieux, ne laissaient pas pénétrer le moindre petit rayon de soleil. On entendait que les coups de tonnerre, Zeus sur l'Olympe combattant les titans. Les ampoules explosèrent toute enme temps, sans étincelles. Tom reçût des bouts de verre sur le visage, l'un lui coupa légèrement la joue. Il s'appuya contre les étares pour s'en protéger. Les gens présents dans la bibliothèque s'empressaient de courir, glissant sur les bouts d'ampoules brisées. Tom risqua un regard, un simple regard vers leurs visages apeurés. Mais là, il laissa échapper un petit cri d'effroi qu'il essaya d'étouffer au mieux dans ses mains. Et puis il se laissa glisser par terre. Les yeux de ses gens étaient blancs et laissaient couler une encre noire.
Tom
fût bientôt seul dans l'établissement. Un silence de mort régnait. Un étrange brouillard glacial plongea la salle dans l'atmosphère la plus incertaine qu'il soit. En face du jeune homme, une espèce de fumée grisâtre se compactait, devenant de plus en plus foncée au fur et à mesure que le temps passait. C'était encore la « Chose ». Tom n'attendit pas que le présage de mort s'offre à ses yeux, il se releva, les jambes flageolante à cause de la peur intense, et courut vers la sortie. Il se heurta à une personne. Il voulu s'en dégager, mais celle-ci le prit par les épaules.
- V
ous n'êtes pas obligé de partir. Il fait sombre en ce jour, mais la lumière reviendra vers toi... peut-être.
P
hrase à double sens, Tom savait. Cette personne, une femme, parlait bien trop étrangement pour qu'elle ne puisse dire simplement que la lumière reviendra dans la bibliothèque. La lumière ne pouvait pas revenir. Les ampoules étaient cassées.

# Posted on Saturday, 26 May 2007 at 2:07 PM

Schizophrénie

Schizophrénie
.

VIII. Eglise maléfique

L'orage s'amplifiait, dehors le vent se déchaînait. La pluie martelait les vitres et la grêle s'y joignit. Le chaos total. Ce n'était pas la colère de Dieux. Simplement l'arrivée d'un Démon.
Tom
recula, se dégageant du corps de la femme qui sentait le métal en fusion. Elle sentait l'Enfer.
Il
ne préféra pas lever les yeux tout de suite. Son regard était concentré sur la longue tunique noire qui recouvrait des pieds qui n'existaient pas. Invisibles. Le petit coeur de Tom voulait s'en aller d'ici, tambourinant contre sa poitrine. Il continua de reculer. Jusqu'à ce qu'il se heurte le dos à... rien du tout. Une paroi invisible. Un sortilège d'emprisonnement. Il avait lu ça dans Possession Diabolique.
Il s
e risqua alors à défier le regard de la femme. Son propre corps se glaça à sa vue : grande, maigre, peau blanche voir transparente. Ses yeux était noirs : signe de folie pure. Des traces de larmes noires étaient présentent sur ses joues encadré de longs cheveux noirs. Elle souriait, découvrant des dents pointues. Des ailes de peau noire étaient accrochées sur ses omoplates. C'était Lilith, la femme démon.
- N'essayez pas de vous en aller. Dehors le temps vous tuera.
To
m s'en fichait. Il poussa la femme démon, se délivrant en même temps de la prison invisible, puis sortit de l'établissement. Il n'y avait plus de lumres non plus dans la rue, elles étaient brisées. Quelques personnes étaient là, rares, habil de longues tuniques noires comme la femme. Tom savait que s'il restait ici, il deviendrait comme ses personnes, ou se ferait tuer. D'ailleurs, quand elles le virent, elles coururent vers lui. Tom se mit à courir plus vite, en direction de l'église, le seul endroit où les Dieux le garderaient en sécurité.
L
'étonnement et la peur arrivèrent à son apogée quand, trempé jusqu'aux os, il percuta de plein fouet Bill. Celui-ci était en pleine crise, mais il semblait à Tom qu'il arrivait à se mtriser pour aller se réfugier au même endroit que lui. Mais, pour Bill, cette maîtrise de soi-même avait été loin d'être gratuite. Des griffures profondes rayaient son torse, ses dents étaient encore plus amochées, ses yeux cerclés de noir, ses lèvres déchies.
Bil
l hurlait comme un fou, chaque pas décidé par lui-même lui coûtait extrêmement cher en douleur. Tom le prit dans ses bras. Bill lui mordit l'épaule à pleines dents en hurlant, tout en enfonçant ses ongles dans son dos. Plus très loin maintenant, les personnes en noir accouraient vers eux.
- AR
RÊTEZ ! Hurla Bill.
Il se mit à
frapper du poing le ventre de son jumeau qui se plia en deux sous l'effet de la douleur. Mais il ne s'arta pas et posa sa main sur la poignée de l'église. Il y entra et courut vers l'Autel. Mais il s'arrêta bien vite. La croix, la grande derrière l'Autel, et toutes les autres, étaient renversées. Sur les vitraux, Marie et les Anges pleuraient des larmes noires. Le corps du Christ sur la grande croix derrière l'Autel était maculé de sang.
-
Non, fit Tom, non !
B
ill lui échappa des bras et, maintenant possédé pleinement par le Démon, n'étant plus maître de son propre corps, courut vers l'Autel, grimpa dessus, renversant tout ce qui s'y trouvait, puis grimpa comme une araignée sur la grande croix. Tom tomba à genoux, totalement dépassé. Derrre lui, la porte s'ouvrait et les Démons entraient, précédés de Lilith.

# Posted on Saturday, 26 May 2007 at 2:12 PM

Schizophrénie

Schizophrénie
.

IX. Crucifixion

Tom rampa vers l'Autel, priant. Mais prier qui ? Plus aucun Dieu n'était ici, seul le Diable hantait l'église. Eglise déchue.
Il
ne savait pas comment, mais il vit Bill décrucifier le Christ sur la croix, grâce à la force du Démon, probablement. Puis le corps de Bill descendit, marcha calmement vers l'Autel où le vin et le pain s'y trouvaient encore. Il renversa le sang du Christ sur la nappe en riant, puis prit l'Ostie qu'il broya entre ses doigts. Puis il éclata de rire. Les Démons et Lilith firent de même derrière Tom. Ce dernier savait qu'en fait, jamais il n'aurait dû venir ici, et y emmener Bill. Il assistait au moment même à sa propre déchéance, ainsi qucelle de son frère.
Lilith attrapa les bras de Tom presque étalé à terre de chagrin. Cependant, il ne dévia pas son regard de Bill. Les autres Démons s'avancèrent vers les premiers rangs de l'audience, comme si une messe noire était donnée. D'ailleurs, elle était vraiment donnée, Bill en étant l'auteur. Mais c'était plus qu'une messe, bien plus.
Le
s Démons s'assirent, d'autres restèrent debout derrière les chaises. Lilith lâcha Tom, puis s'avança à son tour vers l'Autel. Dehors, l'orage grondait si fort qu'on avait l'impression que toute la ville s'écroulait et que le ciel s'effondrait. Et que les Anges mouraient.
T
om était en train de pleurer toutes les larmes de son corps. En venant ici, il était entré dans sa tombe, et y avait fait rentrer Bill par la même occasion. Quel assassin il faisait...
Lilith marmonna quelque chose, que tous les Démons répétèrent. Le langage était inconnu de Tom. Normal, il venait de l'Au-delà. Mais Tom comprenait à présent, même s'il ne connaissait pas la langue. Toutes les réponses à ses questions se délivraient d'un coup et, pour confirmer tout cela, Bill continua la cérémonie. Le calme pesait sur l'assemblée noire, si on exceptait le chaos qui dominait dehors.
B
ill enleva les lambeaux qui lui avaient autrefois servit de pyjama. Deux Démons s'avancèrent, ainsi que Lilith. Le garçon possédé alla s'adosser à la croix désormais vide du corps du Christ. Les deux Démons lui prirent chacun un bras puis, par lévitation, s'élevèrent dans les aires pour placer Bill dans la position qu'avait le Christ à sa crucifixion. Lilith marmonnait toujours des paroles que répétaient les autres. Puis, au coup de tonnerre, elle leva les bras, envoyant des clous rougit par on se sait quelle flammes sur les mains et les pieds de Bill. Ce dernier, le vrai, sa véritable âme, hurla, tendit que le Démon en lui riait à s'en étouffer. Le sang de Bill nt imprégner le sol de pierre, établissant au sol un tapis écarlate. Tom avait le souffle coupé, incapable de faire quoi que ce soit.

# Posted on Sunday, 27 May 2007 at 8:23 AM